Le fait qu’il vous aime bien ne signifie pas qu’il veuille ÊTRE avec vous

La culture des rencontres amoureuses du XXIème siècle a évolué jusqu’à devenir un grand jeu tordu et tortueux.

Je ne sais pas si notre histoire deviendra davantage que des échanges de messages ou si tu me parles simplement dans l’espoir de passer la nuit avec moi. Peut-être nous marierons-nous ou peut-être que notre premier rendez-vous nous donnera l’envie de fuir à toute vitesse. Peut-être rencontreras-tu mes parents ou peut-être nous rencontrerons-nous une fois dans un bar pour se sourire avec gêne le lendemain à la fac. Tu demanderas peut-être mon numéro pour finalement ne jamais m’écrire, malgré mes tentatives désespérées de te parler.

Peut-être tomberons-nous amoureux ou peut-être redeviendrons-nous de parfaits étrangers. Je ne suis pas sûre de ce que tu deviendras pour moi mais quoi qu’il en soit, je veux que tu lises ceci.

Tu ne seras pas mon premier, probablement pas mon dernier et il en est de même pour toi. Nous avons certainement déjà vécu notre premier baiser, notre premier amour, notre premier chagrin, toutes nos premières fois. Tu as probablement couché avec une poignée de femmes, comme moi avec une poignée d’hommes. Tu ne seras pas le premier mec pour qui je pleure et certainement pas le dernier. Tu n’es pas mon premier amour et il y a eu avant toi, des garçons qui ont modifié ma vision des relations de couple. Mes sentiments ne sont plus aussi innocents et bruts qu’ils le furent un temps.

La vie m’a changée et a changé le regard que je porte maintenant sur toi.

Si tu lis ceci alors que nous en sommes au début de notre soi-disant « relation », tu es simplement un mec de plus à mes yeux. Si tu me traites comme un morceau de viande, je ne suis pas intéressée, quel que soit le nombre de messages que tu m’enverras en soirée. Si nous nous sommes parlé pendant plusieurs mois et que tu m’as ignorée dans un bar pour discuter avec une autre fille, je ne vais pas perdre mon temps avec toi. Peut-être suis-je jalouse mais je n’ai pas le cœur brisé.

Tu n’es pas le premier à jouer avec mes sentiments. Tu penses peut-être être Seneca Crane ou Plutarch Heavensbee (pour tous mes compatriotes fans de Hunger Games) dans cette soi-disant « relation » que nous entretenons mais, j’ai déjà vu tout ça avant. Je ne suis pas naïve et je ne vais pas m’attendre à quoi que ce soit tant que rien ne se passe réellement.

Ne me traite pas de folle parce que je me demande ce qu’est cette soi-disant « relation » que nous entretenons après quelques mois de discussions, je n’attends pas que tu me mettes la bague au doigt et pour être honnête, je me fiche de savoir comment tu catégorise notre « relation ». Mais je me préoccupe de savoir comment tu me catégorises. Je peux être la fille « à qui tu parles » ou celle « avec qui tu couches ». Cela dit, je ne suis pas une espèce de « pauvre cruche » ou de « pétasse » et si c’est ce que je suis, aie la décence de me le dire.

Ne m’écris pas chaque jour de la semaine si je ne suis qu’une fille parmi tant d’autres. Ne m’emmène pas dîner, ne me dis pas que tu m’aimes bien, ne me tiens pas la main.

Ne m’attire pas dans ce piège où je finis par tomber amoureuse de toi pour que finalement tu paniques dès que ça arrive.

La culture des rencontres amoureuses du XXIème siècle a évolué jusqu’à devenir un grand jeu tordu et tortueux et nous y jouons tous bien volontiers. Si je t’aime bien, je te le dirai. Mais ne te surestime pas, ça ne signifie pas pour autant que j’espère devenir ta copine. Je ne m’attends pas à un contrat de mariage ou à des fleurs déposées sur le pas de ma porte.

« Apprécier » quelqu’un n’est pas la traduction d’une vie maritale éternelle. Ça ne signifie pas que tu me fais tourner la tête ou que tu es celui avec qui j’ai envie d’avoir des enfants. Alors, détends-toi.

J’aime bien ce que tu es et j’aime bien être avec toi. C’est tout.

Tu peux me traiter de « folle » parce que je développe des sentiments pour toi mais je pourrais en dire de même dans le cas où tu serais mort de peur face à une relation qui n’a encore jamais vraiment existé. Tu n’as pas envie de t’engager mais qui a dit que c’est ce que je voulais ?

Tu n’es pas mon premier mec. Et tu ne seras surement pas le dernier. Ne me fais pas perdre mon temps. Ne me mène pas en bateau pour ton propre amusement mais n’en suppose pas non plus que je cherche une relation sérieuse, du moins pas tant que je ne te l’aurais pas dit.

Notre « rupture » sera peut-être un peu douloureuse mais elle ne me brisera pas. La vie continue et moi aussi.

Tu es juste un mec parmi tant d’autres.

Je suis impatiente de voir ce que nous serons ou ne serons pas. Et si cette lettre te fait paniquer alors, c’est que depuis le début, nous n’étions pas supposés être ensemble.