Revivre après une relation toxique : la vérité pure

On associe souvent les gens engagés dans des relations toxiques à des gens étant faibles. Des gens n’ayant pas assez de respect pour eux-mêmes pour s’en aller. Des gens qui se contentent de bien moins que ce qu’ils ne méritent.

Mais ayant vécu les affres apportées par les hauts et les bas ainsi que par ces fins qui n’en sont pas vraiment, je me considère comme dotée d’une grande force. Je suis forte parce que j’ai traversé tout ça. Oui, je suis marquée, mais personne ne traverse les flammes sans se brûler, ne serait-ce qu’un petit peu.

Je pense que j’ai été forte d’avoir réussi à tenir aussi longtemps. Forte d’avoir cru en quelqu’un et d’avoir suffisamment respecté mes propres sentiments pour ne pas m’en aller. Forte d’avoir aimé quelqu’un aussi fort.

Lorsque l’on me pose des questions sur lui et sur notre relation, je ne porte pas un regard négatif sur eux. Je me retourne et je vois l’amour.

L’amour en-dessous des cendres et du chaos que nous avons crée dans nos vies mutuelles. Parce qu’il n’était peut-être pas le seul à être toxique. Plus que ça, j’étais toxique pour moi-même, à force de tourner en rond tout en sachant que ça ne me conduirait nulle part.

En vérité, c’est lui qui a mis un terme à notre relation. Jamais je ne l’aurais abandonné. J’aurais continué à faire des efforts. J’aurais continué jusqu’à m’autodétruire complètement. Et je l’ai fait.

C’était comme une drogue et chaque prise m’emmenait ailleurs, me forçant à revenir et à en vouloir davantage. Je ne sais pas grand-chose des drogues mais je sais que les gens peuvent êtres aussi addictifs que n’importe quelle drogue dure.

Un soir, il m’a dit au revoir et je n’avais même plus mal. Mes pensées étaient complètement engourdies. Et c’est ce qui était aussi effrayant. On m’avait fait du mal tellement de fois que je n’en étais même plus déroutée.

Mais la fin ne fut pas le pire. Elle s’est accompagnée de remerciements parce que je pense qu’il avait enfin compris ce qu’il m’avait fait vivre.

Je l’aimais sans aucun doute et j’aurais fait n’importe quoi pour que ça fonctionne. En fait, j’ai fait n’importe quoi. J’ai investi mon temps et mon énergie dans quelque chose qui se serait de toute manière mal fini mais je me suis quand même battue. Je me suis battue corps et âme pour lui.

Mais c’était une relation toxique.

C’était une relation pleine de manipulations, de doutes et où chacune de mes actions et chacun de mes mots étaient remis en question. Chaque dispute se terminait lorsque je m’excusais parce que quelque part, j’étais toujours fautive. C’était dire des choses dans le simple but d’énerver l’autre, en sachant très bien comment faire.

Mais c’était aussi les bonnes choses. C’était les nuits passées à deux, au cours desquelles j’avais envie que le temps s’arrête. C’était chaque mauvais jour où je pouvais me tourner vers lui.

C’était chaque petit regard accompagné de quelques mots, qui lui suffisait à savoir que quelque chose n’allait pas et sa façon de simplement m’enlacer. La vérité, c’est qu’il a été la meilleure personne de ma vie et que je l’ai aimé pour ça.

C’est chaque jour où je me suis réveillée avec ses messages et chaque conversation qui s’est terminée par un je t’aime. Je ne sais pas s’il savait à quel point je l’aimais. Mais malgré tous les mauvais moments, il était tout ce que j’aimais en une personne.

Et je sais que ça parait fou. Comment mon homme idéal peut-il être une personne toxique ? Mais la vérité à propos des relations toxiques c’est qu’elles ne sont pas terribles tout le temps. C’est une des raisons pour lesquelles les gens supportent des choses terribles.

Mais ça s’est terminé et je suis passée à autre chose.

Mais j’ai cherché des bouts de lui dans chacune des personnes avec lesquelles je suis sortie. Chaque rendez-vous au cours duquel je me suis assise autour d’une table en pensant à lui. Il a gâché mes rendez-vous pendant un certain temps, simplement parce que mon cœur brulait encore pour lui.

Puis, il y a aussi eu les effets négatifs qu’une relation toxique à sur nous après coup. Je doutais des motivations de tout le monde. Je m’attendais à ce que quelque chose arrive avec chaque nouvelle personne que je rencontrais. Une double vie par exemple. Ou une dispute qui ne cesse de recommencer et nous conduits à tourner en rond. Je m’attendais à être maltraitée.

Jusqu’à ce que je réalise que dans une relation normale, il n’y a pas que des cris, des disputes et du sexe. J’ai commencé à être traitée comme je le méritais mais j’ai fui. J’ai commencé à rencontrer des hommes formidables mais je les ai repoussés.

Puis, j’ai commencé à rechercher d’autres relations toxiques pour remplir ce vide insensé en moi et avoir ma dose. Et rencontrant des personnes comme ça, ça se terminait toujours de la même manière : moi en train de pleurer avant de m’endormir, la même histoire mais avec des mecs différents. Mais il y avait quelque chose de douloureusement réconfortant là-dedans, quelque chose dont j’avais l’habitude.

Revivre après une relation toxique, c’est un peu comme une convalescence. Il faut admettre qu’il y avait un problème et que c’était quelque chose que nous ne pouvions pas réparer. C’est quelque chose qu’il faut d’abord réparer en soi. Puis, il faut être capable d’identifier ce quelque chose et de fuir tout ceux ou ce qui nous conduiront à nouveau sur ce chemin autodestructeur.

Il faut se construire de manière à ne pas le vouloir, quand bien même nous serions tentés. Parce que l’on sait quels effets ça aura sur nous.

Je me suis assise à ce café, j’étais plus jolie que d’habitude, plus jolie que lorsque nous étions ensemble. Il a pris ma main et m’a regardé droit dans les yeux. Il m’a dit que je n’avais jamais été aussi belle. Et la vérité pure, c’est que je ne ressentais rien pour la personne assise en face de moi.

Je pense qu’une part de moi l’aimera toujours et je pense qu’une part de moi recherchera toujours ses qualités en mes prétendants mais je ne le veux plus lui.

Je l’ai regardé et j’ai su que nous n’étions certainement pas faits pour être ensemble, pas pour cette éternité dont je rêvais adolescente. Ce fut un moment un peu amer mais suivi d’un sentiment de paix.

Et ce n’est qu’après ne pas avoir obtenu ce que je voulais que j’ai finalement obtenu ce que je méritais.