À l’homme qui n’était pas prêt

À l’homme qui n’était pas prêt, je te pardonne.

Je te pardonne d’avoir nourri mes espoirs.

Je te pardonne de m’avoir empoisonnée avec cette idée que nous aurions pu être un couple splendide.

Je te pardonne de n’avoir pas été prêt pour cet amour extraordinaire.

T’avoir connu, avoir partagé mes rêves avec toi, mes plus grandes peurs, mes angoisses et mon passé douloureux (ce passé que, je le pensais, personne n’aimerait jamais) me donne l’impression d’être la fille la plus chanceuse au monde,

Je t’ai cherché. Je ne voulais pas de trouver. Puis, sans que je ne m’y attende, tu étais là. Chaque partie de moi me disait de fuir mais je suis restée.

Je suis restée parce que je ne rencontre pas des gens comme toi tous les jours. Je ne rencontre pas souvent des êtres ayant la même vision du monde que la tienne. Ton énergie était spéciale et bien qu’au départ, j’ai eu du mal à la reconnaître, j’ai très vite eu envie de me blottir contre toi.

Rêvant de toutes les possibilités qui s’offraient à nous, le dimanche matin, ne portant rien d’autre qu’un tee-shirt, enfouie sous la couette, une tasse de thé dans les mains. Couchée sur le canapé, dans tes bras, lisant à haute voix des passages de romans qui décrivaient notre vie à la perfection et ce que nous ressentions l’un pour l’autre. Rentrant à la maison après mon service de nuit et m’écroulant contre toi, parce que j’étais hébétée d’avoir perdu un patient. Me rappelant à quel point la vie est précieuse.

Pendant le peu de temps où je t’ai connu, tu m’as donné l’impression d’avoir enfin trouvé ma place. Tu m’as donné la force. Tu m’as poussée à réaliser que je pouvais être qui je voulais être. Quelquefois, il arrive que l’on ne sache pas ce que l’on veut, jusqu’à ce qu’il vous enlace en guise d’au revoir. S’accrochant au moment où l’on pourra peut-être à nouveau profiter de cette étreinte chaleureuse. Peut-être une fois encore, peut-être de nombreuses fois …

Je ne savais pas que tu n’étais pas prêt ; mais je te pardonne.

De tes appels sauvages en pleine nuit à tes longs messages et en passant par les moments en ta compagnie, je savais que tu étais capable d’aimer passionnément. Un amour bien trop grand pour que je puisse le comprendre.

Tu m’as montré tous les signes, tu m’as donné tous les signaux. Tu t’es ouvert à moi, seulement pour finir par me laisser tomber. Mais, je te pardonne.

Elle t’a quitté anéanti. Je ne pense pas pouvoir un jour lui pardonner.

Peut-être dans un an, je verrais que tu es retombé amoureux, que tu publies des photos avec ta nouvelle compagne, vivant ces moments dont je ne peux désormais que rêver.

Son cœur, son énergie, sa capacité à aimer ; aussi immenses que les tiens. Peut-être alors, je serais capable de pardonner la femme qui était là avant elle.

Alors, à toi, l’homme qui n’était pas prêt, je te pardonne.

Simplement parce que, tu m’as plus appris en trois semaines à propos des connexions cosmiques que n’importe quel autre homme m’en a appris en 23 ans de vie.

Tu m’as appris à être ouverte, à ne pas cacher les cicatrices que m’avaient laissées mes relations précédentes, à être vulnérable et à autoriser les gens à me voir telle que je suis ; complète. Et surtout, tu m’as donné l’impression d’être digne d’être aimée d’un amour sans limites.

Bien que tu ne le saches peut-être pas pour le moment, bien que peut-être tu n’aies pas ressenti la même chose, je ne m’excuserai pas d’écrire ceci.

Et c’est pour ça que je te pardonne de n’avoir pas été prêt. Je te suis et te serai éternellement reconnaissante.