Découvrez ce qui se cache vraiment derrière les « je t’aime » d’un pervers narcissique

À mon cher partenaire de dépendance,

Ce que je m’apprête à dire est quelque chose que je ne t’ai jamais dit et que je n’ai jamais admis, parce que cela aurait mis fin à ce jeu dont je suis l’éternel gagnant et qui constitue ma principale source de plaisir dans la vie – un jeu qui t’a forcée à porter tous les fardeaux inhérents à notre relation.

Et c’est là tout l’intérêt.

Quand je te dis « je t’aime », c’est pour te témoigner ma reconnaissance des efforts que tu fournis afin que je me sentes comme le centre de ton univers et que je sois heureux et surtout parce que jamais tu n’attends de moi que je te rende la pareille.

J’aime la facilité avec laquelle je profite de ta gentillesse et de toutes tes petites attentions. J’aime le plaisir que je ressens quand je me sens plus important que toi, saisissant toutes les occasions de te faire ressentir l’insignifiance et la petitesse de ton existence.

J’aime la sensation que je ressens à la seule pensée de ta faiblesse, de ta vulnérabilité et de ta malléabilité psychologique. J’aime considérer avec mépris ton innocence et ta crédulité enfantines, signes de ta faiblesse.

J’aime ce que je ressens en sachant que, par la manipulation, j’arrive à éviter que l’on parle de ces sujets que tu souhaiterais tant aborder. J’aime ma capacité à te faire te sentir « insensée » lorsque tu me poses des questions ou abordes des sujets qui ne m’intéressent pas, ce qui ne fait que diminuer tes attentes envers moi alors que, j’élève les miennes.

J’adore la facilité avec laquelle je fais en sorte que tu ne te concentres que sur ma douleur et la manière de la soulager (mais jamais sur la tienne). J’aime aussi arriver (quoi que tu fasses) à provoquer chez toi le sentiment de n’être jamais assez bien, assez aimée, assez respectée ou appréciée, etc. (Le malheur aime la compagnie.)

(Il ne s’agit pas de la proximité, de l’empathie, du lien émotionnel que tu désires ou des choses que j’ai faites et qui t’auraient blessée ou embarrassée, ou du peu de temps que je passe avec toi et les enfants, etc. Il s’agit de mon statut et du travail que je fais de manière à te garder à ta place, dans la douleur, concentrée sur la mienne et t’empêchant de te sentir valorisée. Je te suis supérieur et je suis celui qui a droit à la totalité du plaisir, de l’admiration et du réconfort existant au sein de notre relation, tu te souviens ?)

« Je t’aime » signifie que j’aime ce que je ressens quand tu es avec moi, plus précisément que j’aime cette idée de te considérer comme ma propriété personnelle, un bien que je possède. C’est comme conduire une voiture de luxe … J’aime la manière dont tu élèves mon statut aux yeux des autres, leur faisant savoir que je suis le meilleur. J’aime cette idée que les autres soient jaloux de mes biens.

J’aime ce pouvoir qui me permet de t’obliger à œuvrer sans répit à me prouver ton amour et ta dévotion. J’aime ce pouvoir qui me permet de t’obliger à sans cesse te questionner sur ce que tu dois faire pour me « prouver » ta loyauté.

« Je t’aime » signifie que j’aime ce que je ressens quand je suis avec toi. En raison du grand nombre de fois où je déteste et regarde les autres de haut, mes neurones miroirs s’occupent de constamment me faire éprouver un sentiment de haine envers moi-même. Ainsi, j’aime ma capacité à m’aimer à travers toi et à te haïr parce que je dépends de toi et aussi des autres, pour tout.

J’aime que tu sois présente et que je puisse te blâmer à chaque fois que j’en ressens le « besoin ». Mon mépris pour toi semble me protéger d’une chose que je détesterais admettre : ma dépendance envers toi, la seule capable de « nourrir » mon sentiment de supériorité, de légitimité ; la seule capable de préserver mon illusion de puissance.

(Rien ne me fait me sentir plus fragile et vulnérable que de perdre le contrôle sur les choses capables de ternir mon image et ma supériorité, comme lorsque tu me questionnes sur la manière dont je te traite. Comme si tu ne comprenais toujours pas que, le fait que tu acceptes d’être l’objet de mon plaisir, me rend heureux, indépendamment de la façon dont je te traite toi ou les enfants. Tout ça est une preuve de ma supériorité sur le monde. Souviens-toi que tu es à moi. Mon travail consiste à t’apprendre à haïr et à dédaigner ces choses « idiotes » dont seuls les gens « faibles » ont besoin, telles l’intimité ou autres choses sentimentales. Et d’ailleurs, si je suis familier de ce « travail », c’est parce que mon enfance m’a appris à faire ces choses moi-même, intérieurement.

Je jubile de plaisir (une preuve supplémentaire de ma supériorité) à l’idée de pouvoir te déstabiliser aussi facilement, de te rendre folle parce que tu n’obtiens pas de moi ce que tu voudrais, de te faire te répéter, de te faire dire et faire des choses pour lesquelles tu te détesteras plus tard (à cause de ta « gentillesse » !) Tu peut être certaine que je te provoquerai avec chacune des choses que tu dis, chacune de tes plaintes et de tes blessures, pour que tu continues à tourner en rond, à essayer de t’expliquer, à douter de toi-même, à être troublée et à tenter de comprendre pourquoi je ne saisis pas.
(Il n’y a rien à comprendre ! Pour comprendre, il faudrait voir les choses de mon point de vue, pas du tien ! C’est mon travail que de faire preuve d’un désintérêt total à l’égard de tes besoins émotionnels, de tes blessures, de tes désirs ; de t’en écarter et de te punir en conséquence, jusqu’à ce que tu apprennes ta « leçon » comme suit : rester à ta place d’objet inanimé, de bien meuble n’ayant d’autres désirs que celui de servir mon plaisir, mon confort, et de ne jamais avoir une opinion sur la manière dont je te traite.)

Le fait que tu ne sois toujours pas capable de comprendre ça, même après tous les sévices que je t’ai infligés est pour moi une preuve de ma supériorité génétique. Selon mes règles du jeu, ceux ayant des gènes supérieurs ne sont jamais gentils, si ce n’est pour attirer et piéger leurs victimes !

J’aime pouvoir mettre à mal ton sentiment de sécurité en un clin d’œil, surtout en prêtant attention aux autres femmes (ou en général, à des amis, des membres de la famille, des enfants, etc. La liste est interminable.) Mettre en évidence ce que tu ne peux obtenir de moi, te provoquer, te forcer à me supplier pour que je te donne ce que je donne si facilement aux autres (l’expression de mes sentiments ou de mon affection, des compliments) et te forcer à te demander pourquoi cela m’est si facile me donne un tel pouvoir que j’en jubile de plaisir (surtout en contemplant ton écœurement).

J’aime ce pouvoir qui me permet de te forcer à revenir vers moi chaque fois que tu menaces de partir, en te jetant quelques miettes et en voyant à quel point je peux facilement te convaincre de me faire confiance, grâce à mon charme, en te faisant croire que cette fois, je vais changer.

« Je t’aime » signifie que j’ai besoin de toi, parce qu’en raison de la haine que je me porte, j’ai besoin de quelqu’un qui ne m’abandonnera pas, que je puisse utiliser comme un souffre-douleur et à qui je puisse insuffler un sentiment de mal-être, pour me sentir bien. (C’est ainsi que je me fais plaisir et que j’arrive à me calmer ; en niant les sentiments terribles que je porte en moi et que j’espère ne jamais avoir à reconnaître, jamais. Je déteste tout signe de faiblesse en moi, c’est pourquoi je te hais, ainsi que tous ceux que je considère comme inférieurs, stupides, faibles, etc.)

« Je t’aime » signifie que j’aime arranger puis modeler tes pensées et tes croyances, contrôler ton esprit, de sorte que tu penses à moi comme à ton miracle, à ton sauveur, à une source de vie et de subsistance dont tu dépends et vers qui tu reviens toujours, peu importe à quel point tu essaies de t’éloigner.

J’aime me sentir comme un dieu en t’obligeant à te concentrer (à être obsédée même) sur la manière dont tu me feras me sentir vénéré et adoré, sacrifiant tout pour moi et afin que je ne te condamne pas, que je n’aille pas voir ailleurs. J’aime être le seul ayant le droit de t’administrer punitions et récompenses comme je l’entend.

J’aime la manière dont je peux utiliser mon pouvoir pour te garder à terre, te faire douter, t’obliger à te remettre en question et te forcer à t’interroger sur ta santé mentale, obsédée par l’idée de t’expliquer (que ce soit auprès de moi ou des autres). J’aime t’obliger à professer ta loyauté, à te demander ce qui ne va pas chez toi (au lieu de réaliser que … Tu ne peux pas rendre heureux quelqu’un qui ne tire son plaisir et sa force que de la souffrance qu’il inflige aux autres … Et à toi !)

« Je t’aime » signifie que j’aime ce que je ressens quand je me regarde à travers tes yeux admiratifs, que tu es la drogue de mon bien-être, mon public dévoué, ma plus grande fan et admiratrice, etc. Toi, ton regard admiratif ainsi que le fait que tu me considères comme ta source intarissable, omnisciente et toute puissante de connaissance êtes ma drogue de prédilection. (Tu as peut-être remarqué à quel point je deviens susceptible dès que surgit une remise en question ; oui, je déteste cette fragilité ressentie en pensant que, toi ou le monde pourriez me juger comme n’ayant pas réussi à maintenir mes possessions dans le droit chemin).

Et j’aime ça, peu importe combien tu me supplieras et imploreras pour mon amour, mon admiration et pour te sentir valorisée en retour. Rien de tout ça n’arrivera si je garde le contrôle. Pourquoi laisserai-je faire cela, alors que je suis dépendant du plaisir que je ressens en te privant de tout ce qui te permettrait de prendre ton envol et donc risquerait de t’éloigner de moi ? C’est un grand plaisir pour moi de ne pas te donner ce que tu désires, la tendresse dont tu as besoin et que tu réclames et de briser tous tes rêves et tes échappatoires, puis de me dire : « j’ai réussi ».

J’aime pouvoir dompter tes tentatives de me comprendre en contrôlant ton esprit, en particulier en ramenant chaque “discussion” sur les choses qui ne vont pas chez toi, sur ton incapacité à m’apprécier et à me procurer la sensation d’être aimé, d’être assez bien — et bien sûr, en te rappelant tout ce que j’ai fait pour toi et à quel point tu es ingrate.

J’adore aussi la façon dont je manipule habilement l’opinion des autres sur toi, en les amenant à prendre parti pour moi, l’homme « bien » et à se retourner contre toi la « méchante », te dépeignant comme une femme vulnérable, éternellement insatisfaite, toujours en train de se plaindre, égoïste, dominatrice, etc.

J’aime la facilité avec laquelle je dis « non » à tout ce qui pourrait te procurer la sensation d’avoir de la valeur et d’exister au sein de notre relation, avec toujours davantage d’excuses qui me permettent de te garder concentrée sur mes besoins, mes désirs, mes difficultés ou ma douleur.

J’aime sentir que je possède tes pensées, tes ambitions et j’aime m’assurer que tes désirs et tes besoins soient uniquement liés à ton envie de ne pas me contrarier et de me rendre heureux.

J’aime être la drogue dont tu as besoin, peu importe la façon dont je te maltraite et les signes indiquant que ta dépendance est en train de te vider de ton énergie de vie, que plus le temps passe, plus tu risques de perdre ce qui te tient à cœur, y compris les gens que tu aimes, qui t’aiment et qui te soutiennent.

J’aime ma capacité à t’isoler ce ceux capables de te « nourrir » et de briser le charme et j’aime te forcer à te méfier d’eux, de manière à ce que tu en conclues que personne d’autre que moi ne veut de toi.

J’aime ma capacité à t’obliger à penser qu’en étant avec toi et en te jetant quelques miettes, je te fais une faveur. Comme un trou noir, le vide en moi a constamment besoin d’aspirer ta vie et ton souffle, chose que je désire ardemment comme un drogué incapable d’être rassasié, luttant pour faire des provisions et détestant l’idée de partager.

Même si je te hais, toi et ma dépendance à ta bienveillante attention ; mon désespoir m’exhorte à me regarder au travers de tes beaux yeux indulgents, toujours prêts à m’admirer, à m’adorer, à me pardonner, à m’excuser, à croire mes mensonges et à tomber dans mes pièges.

J’aime que tu me dises combien je te fais mal, ne sachant pas que pour moi, c’est comme une étude de marché gratuite, qui me permet de mesurer l’efficacité de mes tactiques destinées à accroître ta douleur et à faire en sorte que tu restes focalisée sur l’apaisement de la mienne – de manière à ce que je sois toujours le gagnant de cette compétition – en veillant à ce que tu ne m’affaiblisses (ne me contrôles) jamais avec ton amour et tes histoires de proximité sentimentale.

En bref, quand je te dis « je t’aime », c’est ma capacité à rester un mystère que tu ne résoudras jamais en raison de toutes ces choses que tu ne sais pas (et que tu refuses de voir) que j’aime. Principalement, le fait que le seul à pouvoir gagner ce jeu est celui qui en connaît les « règles ». Mon pouvoir tient au fait que je m’assure que tu ne réussiras jamais à me persuader de te rejoindre dans une relation d’entraide car, dans ma vision du monde, être vulnérable, s’exprimer, être aimable, être bienveillant, faire preuve d’empathie et d’innocence sont des signes de faiblesse, des preuves d’infériorité.

Merci mais non merci, je suis résolu à être le vainqueur, sans cesse en lice pour le premier prix, jubilant de mes aptitudes narcissiques à être sans cœur, insensible, froid, calculateur… et à en être fier. Je suis résolu à faire en sorte que rien ne vienne entraver mon besoin d’un sentiment de supériorité.

Freinant l’amour à jamais,

Ton pervers narcissique.