Relation toxique

Violences conjugales : pourquoi se produisent-elles ? Et, faut-il pardonner ?

Quelle est la différence entre un conflit de couple normal et les violences conjugales ?

Les conflits font partie de la vie intime de toutes les relations amoureuses. C’est pour ça qu’il est important d’apprendre à les gérer de manière calme.

Les violences conjugales, en revanche, n’ont pas leur place au sein d’une relation amoureuse saine et durable.

Que le couple se fréquente seulement, que les partenaires vivent ensemble ou sont mariés, c’est malsain et toxique.

Qu’est-ce que la violence conjugale ?

La violence conjugale englobe tous les comportements utilisés par un partenaire afin d’obtenir le contrôle sur l’autre.

Parfois, la simple menace d’utiliser la violence est suffisante pour soumettre l’autre et le faire “entrer dans le droit chemin”.

Les deux éléments clés de la violence conjugale sont le contrôle et la menace. Et, la violence conjugale peut se présenter sous plusieurs formes :

La violence physique

Je ne pense pas être obligée de décrire la violence physique. Elle implique les coups de poings, les coups de pieds, les bousculades et toutes les autres maltraitances.

Malheureusement, avec le temps, la violence physique a tendance à empirer. En effet, quand la personne violente se rend compte qu’elle peut utiliser son physique pour soumettre l’autre, elle devient accro.

Les abus sexuels

Très souvent, la violence physique est accompagnée d’abus sexuels qui ont pour but de rabaisser et de donner un sentiment d’infériorité à l’autre.

Le viol en fait bien sûr partie mais pas seulement. Des actes comme forcer l’autre à se déshabiller ou à pratiquer des positions sexuelles qui le ou la mettent mal à l’aise font aussi partie des abus sexuels.

Les abus psychologiques

Ce genre de violence conjugale a un large éventail d’action. Les abus psychologiques impliquent l’intimidation, l’isolation de la victime par rapport à ses amis ou sa famille et le contrôle des faits et gestes de l’autre.

Ainsi, le partenaire dominant exerce une pression mentale sur sa victime afin de la garder sous sa croupe.

Faire des demandes non raisonnables, installer un sentiment de culpabilité chez sa victime ou la faire passer pour folle sont aussi des outils psychologiques utilisés par le partenaire violent.

Les abus émotionnels

Avec ce genre d’abus, le but est de détruire l’autre ! Alors, le partenaire violent critique, insulte, rabaisse et donne des noms dégradants à sa victime.

Il cherche à détruire son estime et sa confiance en soi. Après tout, en la rendant faible, il peut plus facilement la contrôler et l’isoler.

Le contrôle économique

Ne pas permettre à l’autre d’accéder aux fonds de la famille est une autre façon de garder le contrôle.

C’est pour ça que les personnes violentes empêchent leur victime d’avoir leur argent en leur interdisant de travailler, par exemple.

Le ou la partenaire violent(e) détruit les biens de sa victime et prend toutes les décisions financières pour leur couple.

Même si les hommes et les femmes peuvent tous les deux être les victimes de violences conjugales, les femmes sont les premières victimes de ces abus.

D’ailleurs, selon une étude, plus de 50 % des femmes ont déjà eu affaire à un type de violences conjugales.

Qui sont les victimes ?

Comme je l’ai dit, les hommes aussi peuvent être les victimes de violences conjugales.

Mais, dans la plupart des cas, ces victimes sont des femmes jeunes qui ont la vingtaine ou la trentaine.

D’ailleurs, même si on pourrait penser que la violence conjugale est plus présente dans les mariages, ce n’est pas le cas.

La plupart des femmes qui dénoncent ce genre d’abus sortent simplement avec leur partenaire ou vivent avec lui, sans être mariées.

Pourtant, la statistique qui fait froid dans le dos c’est que plus de 50 % de ces femmes vivent avec des enfants.

C’est-à-dire que ce sont des mères de famille qui subissent ce genre d’abus, sous les yeux de leurs enfants et, très certainement, dans l’espoir de les protéger.

Pourquoi les femmes restent avec un homme qui les bat ?

Très souvent, lorsqu’on pose la question à une femme battue, elle répond : “Je reste parce que j’ai peur”.

En effet, elle a peur que leur partenaire violent devienne encore plus agressif si elle essaie de partir.

Certaines femmes ont également peur de perdre la garde de leurs enfants car elles sont persuadées (à cause des années de contrôle et de violences conjugales) qu’elles ne peuvent pas survivre seules.

D’autres femmes pensent que si elles subissent ces abus c’est parce qu’elles l’ont “bien cherché”.

En effet, elles sont convaincues qu’elles peuvent mettre un terme aux violences conjugales si elles changent de comportement.

La pression de la société est également énorme. Donc, les femmes croient qu’elles sont forcées de rester en couple pour donner une bonne image à leur entourage.

Enfin, la dernière catégorie de femmes reste parce qu’elle ne peut pas admettre qu’elle est la victime de violences conjugales.

Mais, n’oublions pas le soutien social et les ressources. Souvent, les femmes victimes d’abus n’ont personne à qui se confier puisque leur partenaire les a isolée.

Et, comme il contrôle les finances du couple, elles sont souvent sans le sou. Donc, dans la majeure partie des cas, les femmes victimes de violences conjugales se sentent seules et n’ont personne vers qui se tourner.

Pourquoi un partenaire devient violent ?

Il n’y a pas de profil type de l’homme violent. Ainsi, il peut par exemple avoir beaucoup de succès dans sa carrière professionnelle.

Ou, être extrêmement respecté dans sa communauté. Mais, dans la plupart des cas, les hommes agressifs partagent des points communs.

Ils sont tous jaloux, possessifs et se mettent très facilement en colère. D’ailleurs, ce genre d’homme pense toujours que la femme est un être inférieur.

En fait, les hommes violents sont persuadés que la gent masculine est née pour dominer et la gent féminine pour être contrôlée.

De manière générale, les hommes agressifs refusent d’admettre que les abus existent et minimisent toujours les faits.

D’ailleurs, ils ont également tendance à faire porter le chapeau à leur partenaire en disant, par exemple : “Tu m’as forcé à faire ça !”.

L’alcool et les drogues sont souvent associés aux violences conjugales mais, attention : ces substances ne sont pas la cause de ces abus.

Ainsi, un homme qui bat sa femme et qui est accro à l’alcool ou la drogue a deux problèmes : la violence et la dépendance.

Et, les deux doivent être traités séparément !

Où chercher de l’aide ?

Le partenaire violent et sa victime peuvent toutes les deux demander de l’aide, ensemble ou séparément.

La victime

Si vous êtes victime de violences conjugales ou si vous connaissez quelqu’un qui subit des abus, vous devez d’abord comprendre que vous n’êtes pas seule (ou que cette personne n’est pas seule).

Il existe des aides pour les victimes de violences conjugales et leurs enfants.

Le premier pas est d’avouer à un(e) proche en qui vous avez complètement confiance que vous êtes une victime d’abus de la part de votre conjoint.

Si vous décidez de rester avec votre partenaire violent, vous devez créer un plan d’actions qui va vous permettre d’être en sécurité.

Par exemple, vous pouvez cacher un double des clés, un peu d’argent et vos documents personnels dans un lieu sûr.

Ainsi, si vous devez fuir en urgence tout est à portée de main.

Le numéro d’écoute national du 39 19 reste opérationnel et disponible du lundi au samedi de 9 heures à 19 heures. Les services de police ou de gendarmerie (17 ou 112), les pompiers (18 ou 112) ainsi que le Samu (15) restent, eux, mobilisés en permanence pour répondre aux urgences. Le numéro du 115 est également disponible pour demander une mise à l’abri.

Application gratuite App-Elles : La fonction “alerte” permet d’envoyer un message d’appel à l’aide à trois contacts préalablement choisis sous forme de SMS, accompagné de sa position GPS et d’une photo prise automatiquement par le téléphone.

Le partenaire violent

Pour le partenaire violent, la première étape est d’admettre que les abus sont son problème.

En effet, il doit prendre la responsabilité de ses actes et arrêter de rejeter la faute sur sa partenaire.

Si vous faites partie de ce groupe de personnes, vous devez vous convaincre que vous pouvez changer (si c’est ce que vous désirez vraiment).

Ensuite, vous devez parler à quelqu’un en qui vous avez confiance. Bref, vous devez être prêt à discuter des souffrances que vous avez causées et demander de l’aide.

Par exemple, vous pouvez contacter un thérapeute spécialisé dans les violences conjugales, un psychologue ou un travailleur social.

Il existe également des institutions qui peuvent vous aider en vous hébergeant et en vous proposant un suivi psychologique constant.

Vous devez donc vous adresser à la mairie de votre ville ou à votre médecin de famille afin d’obtenir les informations nécessaires.

Le pardon est-il possible ?

Dans toutes les religions, le pardon est un élément essentiel pour faire fonctionner une relation de couple.

Mais, attention ! Vous pouvez pardonner une fois mais cela ne signifie pas que vous autorisez votre partenaire à continuer son comportement toxique.

Le pardon doit être offert seulement si le partenaire violent semble réellement prêt à affronter ses démons et à faire une croix définitive sur ses habitudes malsaines.

Donc, oui… Pardonner est possible dans certains cas. Malheureusement, dans la majeure partie des situations, un homme violent ne change.

Donc, la seule solution c’est de partir, prendre la fuite. Votre santé mentale et physique doivent être vos priorités.

Ne laissez donc personne vous convaincre qu’un coup ne sera pas suivi d’un autre.

Une insulte n’est jamais isolée. Et, dès les premiers signes de violences ou de maltraitances, tirez la sonnette d’alarme.

Si votre conjoint ne change pas immédiatement et ne semble pas prêt à parler de son comportement toxique, vous ne le changerez pas.

N’oubliez pas que votre vie est en danger. Donc, ne tolérez rien ! Partez tant qu’il est encore temps.

Vous ne savez jamais quel coup va être le dernier. Quand votre homme vous assènera-t-il le coup final ?

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