Peine d'amour

Nous ne sortions même pas ensemble et pourtant, tu m’as brisé le cœur

Nous nous écrivions jusqu’à ce que mon téléphone n’ait presque plus de batterie. Nous avons flirté jusqu’à ce que tous nos amis nous demandent pourquoi diable, nous n’avions pas encore officialisé les choses.

Nous avons passé tellement de temps ensemble que tu es devenu mon plus proche confident, quelqu’un qui m’aurait manqué même dans le cas où nous n’aurions jamais ressenti de tension sexuelle.

Tu comptais à mes yeux. Tu étais une part très importante de mon existence.

Je devais me rappeler que nous n’étions jamais sortis ensemble parce que j’avais presque l’impression du contraire. J’avais l’impression que tu étais mon copain. J’avais l’impression que tu me promettais quelque chose, bien que tu ne l’aies jamais dit à voix haute.

Peut-être est-ce de ma faute, peut-être que je me suis fait des idées. M’imaginant que tu avais envie d’une relation sérieuse. M’imaginant que tu n’étais intéressé que par moi. M’imaginant que tes sentiments étaient aussi profonds que les miens.

Techniquement, nous ne sommes jamais sortis ensemble ; techniquement, je ne peux pas dire que tu es mon ex mais pourtant, mon cœur est brisé par ton absence.

J’ai fait des captures d’écrans de conversations que nous avons eues. J’ai écrit sur toi dans mon journal. J’ai des photos sauvegardées dans mon téléphone. Lorsque je mets mon curseur dans la barre de recherche, sur n’importe quel réseau social, ton nom est le premier à apparaître.

Je sais que je devrais te chasser de mes pensées, mais tu as été la seule chose qui ait compté pour moi, sur un long moment. Que je prenne une douche chaude ou que je marche jusqu’à l’arrêt de bus, je m’imagine ce que je te dirais la prochaine fois où je te rencontrerais. Toute la semaine, je suis impatiente de te parler.

Tu m’a permis de me sentir vivante. Tu m’as donné l’impression d’avoir un but.

Sans toi, j’ai l’impression d’avoir perdu une part de moi. Une part qui me permettait d’aimer la vie, qui envoyait des papillons voleter dans mon estomac. Je ne me suis pas sentie bien une seule fois depuis que tu es parti. Mes rires sont depuis des rires forcés ; mes sourires, des sourires simulés.

Même si tu n’as jamais été mon copain officiel, j’ai traversé toutes les étapes qu’implique une rupture. Nous aurions pu avoir été ensemble pendant des années, ça aurait fait aussi mal.

Ça me fait mal de savoir que la seule personne à laquelle je faisais confiance, qui je le croyais, allait rester a décidé qu’il existait de plus beaux endroits à visiter. Ça me fait mal de savoir que les moments que nous avons partagés ne comptaient qu’à mes yeux. Ça me fait mal de savoir que tu n’as jamais tenu à moi comme j’ai tenu à toi, que tu n’as jamais ressenti la même chose quand j’aurais pu jurer que nous étions sur la même longueur d’onde.

Nous ne sommes jamais sortis ensemble donc tu ne te sens probablement pas coupable de m’avoir abandonnée. Tu ne réalises probablement pas le mal que tu m’as fait.

Mais pour moi, le fait que notre relation ne fut jamais officielle ne compte pas. Je me suis attachée à toi. Je t’appréciais. Peut-être même que je t’ai aimé.

Quand tu m’as laissé seule, j’ai perdu plus qu’un ami, plus qu’un pseudo copain. J’ai perdu cet avenir que j’ai cru bêtement que nous allions partager.