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Pardon pour mon silence, mon amie, mais j’avais un combat à mener…

Pardon pour mon silence, mon amie, mais j’avais un combat à mener…

Je sais que nous deux, ça ne s’était pas très bien passé.

Suite à nos embrouilles, je n’ai plus pris de tes nouvelles ces derniers temps, c’est vrai et crois bien que j’en suis désolée.

Il y a une partie de moi qui se sentait vraiment misérable parce que ce n’est pas si difficile d’envoyer un message. Non, ce n’est pas si difficile d’être présente.

Mais l’autre partie avait aussi l’impression que c’était légitime d’avoir pris mes distances, d’avoir choisi de me faire passer en premier, de m’être assurée que ma santé mentale était dans un espace décent avant de tenter quoi que ce soit…

Ces deux parties de moi se sont amusées à me torturer.

Elles me disaient un jour que c’était normal de vouloir rester seule et puis le lendemain, me disaient que j’étais une personne horrible.

Quoi qu’il en soit, tu dois savoir que tu n’as jamais quitté mes pensées.

Je me soucie encore de toi et bien sûr, je t’aime encore, mon amie.

Le fait est que j’ai traversé beaucoup de choses

J’ai eu du mal à rester entière, en un seul morceau.

Tu sais, parfois, des choses nous arrivent, des choses pour lesquelles nous n’avons pas notre mot à dire et celles-ci nous étouffent.

Cela peut être difficile à admettre et je me sentais tellement brisée que je n’arrivais plus à m’ouvrir à personne, pas même toi.

J’ai eu trop peur. J’ai pensé que je ne pourrai plus jamais être pleinement l’amie que tu méritais. Je n’arrivais plus à lâcher prise et je n’avais aucune idée du temps que ça allait prendre, ni même si j’allais y arriver.

Des semaines, des mois, qui sait ?

Je suis désolée d’avoir atteint ce point sans t’en parler, ouvertement et sans t’attaquer et je comprendrai que tu ne veuilles définitivement plus de moi dans ta vie.

Parce que tu t’es sentie trahie, peut-être, et que ta confiance s’est envolée.

Mais ne t’inquiète pas, j’y suis habituée et je ne peux m’en prendre qu’à moi-même.

Je suis désolée d’avoir laissé la dépression prendre le dessus sur notre amitié

Au cours de mon voyage vers un endroit plus serein émotionnellement, je me suis rendue compte de la façon dont ma lutte contre cette maladie mentale a également eu un impact sur la vie de mes proches.

Cela n’excuse pas le mal que j’ai pu causer. Que je t’ai causée.

La dépression est peut-être une explication et ce n’était certainement pas mon intention de te blesser mais les faits demeurent : je t’ai ignorée et je t’ai forcée à t’éloigner de moi.

J’en suis désolée.

Désolée de t’avoir repoussée quand tu as essayé de me tendre la main pour m’aider. Je t’ai peut-être fait sentir que l’aide que tu voulais m’offrir n’était pas ce dont j’avais besoin.

Toi, tu ne savais probablement pas comment m’aider et je n’ai pas fait grand-chose pour t’éclairer. Ainsi, vaincue après tous tes efforts vains, tu m’as laissée m’éloigner de toi.

Je ne t’en veux pas. Tu as essayé à plusieurs reprises de passer du temps avec moi mais je n’étais pas intéressée par des moments ensemble. Alors finalement, tu as cessé de m’inviter.

Sache que je suis désolée de t’avoir blâmée au début, te reprochant de faire une croix sur notre amitié.

En vérité, c’est moi qui t’ai poussée à cela. Je ne te méritais pas.

Je suis désolée si je n’ai pas été présente

Non seulement je n’ai pas été présente mais j’ai jeté mes ombres sur toi. Lorsque tu essayais d’éclairer mon humeur avec des messages positifs, j’ai empoisonné tes pensées heureuses avec ma négativité, jour après jour. Rien de ce que tu me disais ne semblait m’atteindre et cela a dû être épuisant et décourageant.

J’ai peut-être atténué la lumière qui brillait en toi et je me sens vraiment attristée par cette pensée.

Je suis désolée aussi de ne pas t’avoir soutenue. J’étais tellement absorbée par mes propres ténèbres qu’il ne m’est pas venu à l’esprit que d’autres personnes se débattaient aussi.

Je n’étais pas à la disposition des personnes que j’aime, pour leur offrir du soutien et des encouragements. D’ailleurs, j’attendais tellement de tout le monde sans me rendre compte que je n’avais rien à offrir en retour.

Je suis désolée de t’avoir fait peur, parfois, et d’avoir pourri les bons moments

Je me sentais comme un fardeau pour tout le monde et je voulais tellement me soulager de ce fardeau, par tous les moyens nécessaires, que je n’ai fait que des mauvais choix.

Tu as probablement été terrifiée de savoir que j’avais perdu l’envie de vivre et que je me sentais impuissante. Dans ma tentative malencontreuse de me soulager de ce fardeau en te partageant mes idées noires, j’ai plutôt mis plus de poids sur tes épaules déjà fatiguées.

Je suis désolée aussi de n’avoir pas célébré tes joies et tes succès. Tu l’as constaté amèrement, je n’ai pas été pleinement présente à des moments significatifs de ta vie.

C’était douloureux pour moi de voir les autres s’épanouir et c’était plus facile de ne pas participer aux célébrations. Mais tu méritais mieux de moi. Tu méritais d’être aimée et célébrée.

Dans mon sillage, la souffrance

Je suis désolée d’avoir souvent été sur la défensive et d’avoir mal interprété tes paroles aimables, les prenant comme autant de jugements.

Tu n’essayais probablement que de me soutenir et j’ai permis aux démons dans mon esprit de déformer tes mots. Je t’ai accusée de m’avoir attaquée, d’avoir comploté contre moi. J’ai craché sur ton aide, je l’ai piétinée.

Je suis désolée que les plus innocents autour de moi aient le plus souffert.

Pardon de ne pas t’avoir plus câlinée ou couverte de baisers.

Je suis désolée de ne pas avoir traversé les épreuves de la vie avec toi, la mienne m’avait été aspirée et tu ne le comprenais pas.

Tu as profondément ressenti la tension et l’incertitude de mon obscurité… Et pourtant, tu t’es accrochée, tu étais là à mes côtés. Loyale. Tous les jours. Hors de question pour toi de me laisser tranquille.

Tu m’as montrée comment exprimer l’amour quand j’avais oublié comment. Même quand j’estimais ne mériter ni attention, ni tendresse, ni quoi que ce soit, tu m’as montrée que je pouvais malgré tout être digne d’amour.

Tu as ressenti ma douleur avec moi, tu l’as partagée avec moi et tu m’as aidée à porter le poids dans ton âme si jeune.

J’ai cru que je serais mieux sans toi et toi sans moi

C’est peut-être la pensée la plus tragique de toutes : d’avoir cru, même un instant, que ma vie serait meilleure sans toi. Mon plus grand regret est de m’être dit qu’il valait mieux que je te quitte, que je te laisse seule. Que de toute façon, tu ne t’étais pas comportée comme une vraie amie puisque tu étais celle qui semblait s’éloigner. Alors soit, oui, va-t’en.

Quelle horreur, après tout ce que tu avais fait pour moi…

Ce n’est pas parce que je voulais rester seule quand je traversais des moments difficiles que tu ressentais la même chose.

Alors sache qu’aujourd’hui, cette décision d’essayer de me rapprocher de toi m’a sauvée. TU m’as sauvée. Et je suis désolée pour ce que tu as dû endurer pour que finisse par me rendre compte de tous tes sacrifices.

À une époque où je me sentais incroyablement seule et abandonnée, j’étais en fait entourée d’amour et d’encouragement.

Tu étais le terreau fertile pour mes fragiles racines. Parfois, tu me disais prier pour moi. Tu m’aimais quand je n’étais pas des plus sympathiques.

Bien sûr, je réalise que je ne peux pas revenir en arrière et changer la façon dont je t’ai traitée. Je ne peux pas effacer les erreurs que j’ai faites.

Mais je suis vraiment désolée pour le mal que j’ai causé et je peux voir les choses clairement maintenant.

J’aurais dû faire un effort

J’aurais dû t’envoyer un message, te tendre la main à nouveau, pour te demander comment tu t’étais débrouillée ces derniers temps.

Honnêtement, j’ai pensé à le faire un million de fois mais je n’ai jamais trouvé les bons mots.

Ce n’est pas que je me fichais de toi, ce n’est pas que je ne voulais plus te réserver de temps, ce n’est pas que tu étais tombée en bas de ma liste de priorités.

Le vrai problème, c’est que je ne voulais plus parler de ma vie, je ne voulais plus t’alourdir avec ce poids présent sur mes épaules… Et je ne voulais pas non plus mentir.

Je ne voulais pas prétendre que tout allait parfaitement bien car cela aurait été un trop gros mensonge. Donc je n’ai rien dit. Je me suis tue. Et je sais que ce n’était pas la bonne décision non plus. Je sais que c’était maladroit.

Aujourd’hui, je te le dis : je peux rendre ton amour, partager ta joie.

Te soutenir en cas de besoin.

Je peux être meilleure que je ne l’étais, devenir l’amie que tu as été pour moi.

L’espoir de pouvoir corriger mes torts, même de la plus discrète manière que ce soit, me gonfle le cœur.

J’espère pouvoir rendre l’amour et le soutien que j’ai reçus, en apportant plus de compassion à ce monde.

Maintenant que j’ai pu me reconstruire, je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour réaliser ces objectifs. C’est le moins que je puisse faire après t’avoir traînée en enfer avec moi…

Je suis désolée, vraiment

Alors voilà, si je n’ai pas fait le premier pas, si je t’ai ignorée pendant si longtemps, c’était parce que mon être était sur le point d’imploser.

À présent je vais mieux et crois-moi, j’ai beaucoup pensé à toi pendant tout ce temps.

Je me suis rendue compte que tu m’avais appris beaucoup de choses.

Je peux redevenir une amie bienveillante et tu peux être assurée que je mettrai un point d’honneur à rattraper toutes mes erreurs.

Sache que ton bonheur, ta sécurité et ta santé mentale sont tout aussi importants pour moi que cela ne l’était pour toi à l’époque.

Je voulais aussi te dire que même si je ne l’ai pas montré, je n’ai jamais cessé de me soucier de toi, pas même un petit peu.

Et je te promets que je vais commencer à mieux te le montrer à l’avenir. Je vais m’assurer que tu n’aies plus jamais à te demander si j’en ai quelque chose à faire de toi car la réponse sera toujours oui.

Oh, et aussi… Merci. Merci d’avoir été là pour moi, d’avoir essayé, d’avoir perdu des plumes au passage et d’avoir tenu si longtemps.

J’espère que ces mots feront écho en toi, je t’aime mon amie.

Maman... Je ne pourrai jamais assez te remercier !
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