Mon anxiété me donne l’impression que je n’ai aucun ami

À cause de mon anxiété, je donne l’impression de ne pas me soucier des gens qui comptent le plus pour moi, parce que je suis terrifiée à l’idée d’avoir l’air trop affirmée. Je ne veux pas les complimenter et avoir l’air bizarre. Je ne veux pas les inviter chez moi et les voir refuser. Alors, je me tais. Je les laisse penser que je m’en fiche, plutôt que de leur donner l’impression que je les aime trop.

Mon anxiété me pousse à n’envoyer de messages à personne, parce que je ne veux pas les embêter. Je ne veux pas qu’ils se sentent obligés de me répondre. Et après tout, s’ils voulaient vraiment me parler, ils m’auraient écrit en premier, non ? S’ils ne me contactent pas, c’est très probablement qu’ils ne veulent pas avoir quoi que ce soit à faire avec moi.

Mon anxiété me donne l’impression que je ne m’intègre jamais. Comme si tout le monde était plus heureux quand je ne suis pas là. C’est pourquoi, je ne culpabilise jamais d’annuler des projets à la dernière minute. J’ai l’impression de leur rendre service. Comme s’ils étaient secrètement soulagés que je ne vienne pas.

Mon anxiété me pousse à rester enfermée chez moi, même quand je suis énervée et que j’ai envie de faire quelque chose d’intéressant. Elle me persuade que je suis plus en sécurité chez moi. Que si je décidais d’aller au restaurant ou dans un bar, je serais mal à l’aise parce qu’il y aurait trop de monde autour de moi. Trop de gens qui me jugent.

Mon anxiété m’empêche de flirter avec qui que ce soit qui me plaise, parce qu’elle me pousse à tout analyser, jusqu’à ce que ma tête explose. Elle me pousse à me demander si je parle trop, si je rougis ou si ma tenue est moche. Plutôt que de profiter d’une discussion avec la personne qui me plaît, je suis remplie de stress.

Mon anxiété m’empêche même de m’inscrire sur des applications de rencontres, parce qu’une discussion par écrans interposés suffit à faire battre mon cœur la chamade. Je déteste attendre une réponse. Je déteste ces moments, entre les messages où je me demande si j’ai dit quelque chose d’idiot et si, à cause de ça, mon interlocuteur me déteste.

Mon anxiété m’angoisse et m’empêche de faire une chose aussi simple qu’ajouter quelqu’un sur un réseau social. Elle me persuade de fouiner dans les conversations de groupe et de tout lire, alors même que je n’ai rien écrit. À cause de mon anxiété, je n’ose pas prendre part à ces conversations, parce que je ne veux pas tout gâcher.

Mon anxiété m’empêche de parler à des inconnus, en ligne ou au supermarché. Et si je disais quelque chose qu’il ne faut pas ? Et s’ils étaient grossiers en retour ? Ou pire, et si cet inconnu était un tueur en série ?

Mon anxiété me pousse à tout analyser et à me sous-estimer.

Mon anxiété me donne l’impression que je n’ai aucun ami – parce qu’elle m’empêche d’interagir avec les autres. Elle m’empêche de contacter ceux que j’aime le plus, parce que je ne veux pas être rejetée ou me sentir gênée.

Mon anxiété me donne l’impression que je suis seule, même si je sais que ce n’est pas le cas.