Je n’ai pas honte d’admettre que je souffre d’anxiété et de dépression

Je n’ai pas honte d’admettre que je souffre d’anxiété et de dépression. Je n’ai pas honte d’admettre que je prends des médicaments pour m’aider à combattre ces maladies. Je n’ai pas honte de dire qu’il m’arrive parfois de me retourner dans mon lit et de me cacher la tête sous les couvertures car c’est tout ce que je peux faire ce jour-là.

Avant j’avais honte. Mais pourquoi ? Je n’ai pas choisi cela. Personne ne choisirait ça. Croyez moi.

Mon esprit se bat constamment avec lui-même et c’est tellement épuisant. J’ai peut-être seulement parcouru la courte distance qui sépare mon lit de mon canapé et je me suis couchée en regardant dans l’espace, mais ne croyez pas une seconde que je suis paresseuse. Je suis fatiguée. Je suis fatiguée de m’inquiéter constamment de ce qui pourrait mal tourner. Je suis fatiguée de m’inquiéter que personne ne m’aime et que tout le monde en ait assez de moi.

J’ai lutté contre mon esprit me disant constamment que je ne suis pas à ma place et que je ne manquerais à personne. Qu’est-ce que cette personne dit vraiment de moi quand je quitte la pièce ? Pourquoi cet étranger m’a-t-il regardé dans la rue ? Parce que t’as une sale gueule. T’es un tas de merde, mon esprit s’en convainc.

Je suis fatiguée d’entendre constamment les murmures de ma maladie me dire que je suis stupide, inutile et que je ne peux pas accomplir une tâche simple au travail. Alors non, n’osez pas me traiter de fainéante, je suis constamment sur un champ de bataille avec moi-même. Je n’ai jamais eu l’intention de déclencher cette guerre en moi, mais maintenant qu’elle a commencé, j’ai l’impression qu’elle ne s’arrêtera jamais. C’est épuisant.

“Levez-vous et riez de vous-même dans le miroir, vous finirez par vous sentir mieux”. Voilà le conseil qu’un médecin m’a donné une fois.

Sérieusement ? J’aimerais bien que quelques rires à moi-même fassent disparaître ce problème, mais ce n’est pas le cas. L’énergie qu’il faut parfois pour courber mes lèvres en un petit sourire vous étonnerait. À moins, bien sûr, que vous n’ayez déjà été aux prises avec une maladie mentale. De toute évidence, ce n’était pas le cas de ce médecin, car si c’était si facile, il n’y aurait pas d’anxiété et de dépression.

Ce n’est pas parce que vous me voyez à la salle de sport ou que vous me voyez rire au pub que je vais miraculeusement mieux. J’essaie toujours de survivre à la journée. C’est juste que je suis devenue meilleure pour cacher la souffrance qui me hante tous les jours.

Nous sommes presque en 2019 et des milliers de personnes doivent encore faire face à la stigmatisation qui entoure la maladie mentale.

Je ne suis pas faible. Je suis forte.

Je fais tout ce qui est en mon pouvoir pour combattre cela. Je parle à un psychologue de mes sentiments et de mes pensées personnelles, je fais du yoga et je médite. J’ai lu des livres sur la pleine conscience et la santé mentale pour essayer de mieux la comprendre, pour me renseigner sur les raisons pour lesquelles cela m’arrive. Alors cessez de dire que je suis faible, arrêtez de me dire que tout est dans ma tête.

Peut-être que la société doit cesser d’être aussi ignorante et essayer de mieux comprendre ce à quoi les personnes ayant des problèmes de santé mentale sont confrontées quotidiennement, parce que si vous avez réussi à survivre un jour de plus, nous devrions tous vous applaudir. Je vous dis bravo et de continuer à vous battre.

Donc, si vous connaissez quelqu’un qui est aux prises avec une maladie mentale, soutenez-le ou la. Dites-lui que vous êtes là pour lui ou elle, ne serait-ce qu’un simple texto pour lui faire savoir que vous pensez à lui ou elle, car on peut se sentir si seul dans un monde où son propre esprit est contre vous.