Cela peut paraître effrayant mais, ma chère, il est temps de le quitter

On ne s’était pas préparé à cela. On ne voulait pas que cela arrive. Mais, quelque part pendant notre voyage, on a perdu la connexion qu’on avait : on pensait que rien ne nous séparerait mais on avait tort. Je te souriais, tu me rendais mon sourire et on se regardait dans le fond des yeux, en sachant qu’on allait faire un bon bout de chemin ensemble. On savait que notre relation allait survivre à toutes les tempêtes.

Chéri, c’était le vrai amour. Tu étais mon tout. Tu étais mon conte de fée.

On restait allongé dans notre lit à parler de nos espoirs, de nos rêves et de notre futur parfait ensemble. Je te racontais tout ce qu’il y avait à dire de mon passé et tu m’avouais tes peurs : j’avais parfois l’impression de mieux te connaître que ce que je ne me connaissais moi-même. On riait ensemble, tu essuyais mes larmes et j’étais celle qui te tenait par la main quand tu en avais le plus besoin. Pas une seule fois, je n’ai douté de nous et de notre futur ensemble. Je n’ai jamais douté de notre potentiel. Et, le plus important de tout, je n’ai jamais douté de l’amour que je te portais.

Mais quelque chose d’horrible s’est produit. On a arrêté de communiquer comme on en avait l’habitude. Les conversations à coeur ouvert, qu’on avait auparavant, sont devenues des dialogues quotidiens sans queue ni tête. Nos sujets de conversation sont devenus insignifiants.

« Salut, comment c’était au travail ? »

« Bien. Et, toi ? »

« Bien. »

Je voulais te connaître et, Dieu sait, que je le veux encore. Je voulais savoir tout de toi, toutes les facettes de ta personnalité et de ta vie, celles importantes et celles insignifiantes. Je voulais te voir heureux, je voulais savoir que la direction qu’avait prise ta vie te donnait le sentiment d’accomplissement, lorsque moi je ne le pouvais clairement pas. Tu m’entends ?

Je veux que tu sois heureux.

Mais tu m’as mise à l’écart. Le stress de ta vie a été plus fort que toi et au lieu de me laisser t’aider, tu as décidé de m’écarter de ton chemin. Tout ce que je dis t’énerve. Chaque question que je pose, te donne une nouvelle opportunité d’être sur la défensive et un autre argument pour lequel tu peux me blâmer.

Mais ce que tu ne comprends pas, c’est que je suis de ton côté. Je l’ai toujours été et je le serai toujours, à condition que tu m’en donnes l’occasion. Laisse-moi être la personne sur laquelle tu peux compter, laisse-moi être ta bouée de sauvetage. S’il te plaît, laisse-moi t’aimer !

Tu m’as appelé de tous les noms, tu m’as rabaissé et tu m’as fait me sentir mal aimée : pour toi je n’étais qu’une tâche de plus. Passer du temps avec moi ou être agréable étaient devenus un travail pour toi. Pourtant, malgré tout, je suis restée. Je t’ai pardonné pour toutes les fois où tu m’as blessé. J’ai passé l’éponge sur toutes les fois où tu m’as rejeté. Et, j’ai oublié toutes les fois où tu m’as fait comprendre que je n’étais pas digne de ton amour.

Parce que c’est ce qu’on fait par amour. On crée des excuses pour leur comportement au lieu de regarder la vérité en face. Et la vérité c’est :

JE MÉRITE DAVANTAGE.

Combien de fois je me suis couchée en pleurant et en ayant le coeur brisé parce que je n’avais rien fait de mal : je ne méritais pas cela. Tu m’as reproché la façon dont je t’aimais alors que c’était le mieux que je pouvais faire : je ne méritais pas cela. Tu m’injuriais et me criais dessus à cause de tes propres insécurités : je ne méritais pas cela. Et enfin, quand tu as finalement décidé que je n’étais pas à la hauteur de ton amour ou de ton temps : je ne méritais pas cela. Personne ne devrait me faire ressentir cela.

Il est difficile de t’aimer, mais je l’ai quand même fait.

Il est temps que je parte. Je dois être avec quelqu’un qui choisit d’être à mes côtés, chaque jour ; quelqu’un qui m’aime avec mon passé et mes défauts. Une personne qui ne me rabaissera jamais. Je suis excitée à l’idée de cette nouvelle page de ma vie, mais j’ai aussi très peur.

Je sais maintenant que je tenais tant à notre relation car j’avais peur de découvrir ce que ma vie serait sans toi. J’étais effrayée à l’idée que personne d’autre ne puisse m’aimer et de ne pas être capable de rencontrer quelqu’un de nouveau. J’avais peur de découvrir que, même si notre relation n’était pas parfaite, l’herbe n’était pas forcément plus verte ailleurs.

Mais maintenant je sais qu’elle l’est. Plus verte et herbeuse que je n’aurais jamais pu l’imaginer.

Une fois que je serai partie, sache cela : je t’aimerai toujours. Tu avais à tes côtés quelqu’un qui tenait à toi et qui aurait tout fait pour te rendre heureux. Et, honnêtement, je suis triste pour toi : tu vas avoir du mal à trouver quelqu’un qui t’aime de la même façon que je t’aimais. Mais, chéri, il faut que tu trouves la force de, d’abord, t’aimer toi-même. Garde les gens qui tiennent à toi, près de toi, ne les éloignent pas volontairement. Ne les prends pas pour acquis, comme tu l’as fait avec moi.

Aime-toi toi-même. Quant à moi, je serai occupée à chercher quelqu’un qui me mérite !