Tu m’as appris ce que je valais, et définitivement je vaux mieux que cela.

Cher imposteur,

Lors de notre rencontre, tu as su te montrer sous un jour parfait, tu as su me faire croire en ta sincérité et ta bienveillance. Du moins, suffisamment pour que je baisse la garde. Pour que je brise peu à peu la carapace que j’avais forgée autours de moi à chaque déception et trahison.

Tu m’as parlé d’amour, j’ai bu tes paroles. Tu m’as montré le futur, j’ai regardé aveuglement. A chaque partie que je découvrais de toi, je te trouvais de plus en plus beau, et ton honnêteté m’a fait croire en toi.

J’attendais désespérément de te voir, les secondes me paraissaient des années. Je voulais de toi, tout entier.
Même lors de nos disputes, je voulais partir loin de nous… mais avec toi.

J’avais trouvé la force de traversé chaque tempête qui nous affronterai, j’avais le courage de remonter les montagnes d’obstacles qui s’imposaient à nous. Je pouvais sonder ton âme et tu mettais la mienne à nue. J’ai vu en toi la possibilité d’être une personne meilleure, et d’apprendre de toi.

Je t’aimais, tellement fort, que je ne m’aimais plus. Je ne voyais que par toi, et seul ton bonheur m’importait, au point que je vivais à travers toi.

Puis les masques sont tombés.

Les masques, cette métaphore pour dire que tu déguisais ta personnalité depuis le début, et que tu étais loin de l’homme idéal auquel tu m’as fait croire. C’est ainsi que j’ai compris qui tu étais réellement. Un manipulateur. Un traitre.

Un menteur. Et que définitivement, tu n’avais pas ta place dans ma vie.

C’est ainsi que j’ai fini par comprendre que tes intentions n’étaient pas bonnes, et que seule ton amour propre était en jeu.

Lorsque chaque mensonges ont fini par éclater, crois moi, je suis restée sous le choc, dans le déni, et je ne voulais savoir qui tu étais vraiment. Ces horreurs ne faisaient que de retentir dans ma tête et j’étais incapable de sortir de cette horrible spirale sordide.

Longtemps j’ai cru que le fait de te perdre me rendrait malheureuse, sans jamais me douter que finalement, ce ne serait qu’un soulagement.

Je pensais que je ne pourrai pas vivre sans toi, et que chaque seconde sans ta présence me ferait l’effet d’une asphyxie, que tu étais, toi, mon oxygène.

Je pensais que je ne méritais pas mieux que cela, et que tes insultes, mensonges, manque de respect, n’était finalement que ce que je devais recevoir. Au fil du temps passé à tes côtés, j’ai perdu suffisamment confiance en moi pour croire que je ne valais rien.

Je ne suis pas fautive, tu me l’as tellement dit. Tu me disais que j’étais naïve, et j’étais loin de me douter que c’était ta façon à toi de te moquer de moi, que tu avais quelque chose derrière la tête.

Seulement, j’ai fini par te craindre, et craindre chacune de tes attaques minutieusement déguisées. J’ai cru en toi, et j’ai eu tort, car tu ne méritais pas une seule seconde cela. Toutes les fois où je te présentais des excuses, pour des actes que tu avais faits.

Lorsque j’ai appris que ces mois n’étaient que mensonges et que tu n’étais pas la personne que je croyais, je te l’avoue, j’ai pleuré. Mais je t’en prie, ne prends pas mes larmes pour une faiblesse, car elles ont fait ma force. Les perles d’eau que j’ai laissées pour toi mon permis de te dire au revoir, sans plus jamais te vouloir à mes côtés.

Même si j’ai su m’effacer pour toi, même si j’ai su te faire passer avant moi dans les décisions qui s’imposaient à nous, même si j’ai eu l’air brisée, même si je t’ai retenu après tout le mal que tu m’avais fait, je suis désormais heureuse que tu sois loin, et que tes manigances ne puissent plus m’atteindre.

Je t’ai aimé, et c’est ce qui fait de moi ce que je suis aujourd’hui. Alors sincèrement, cher imposteur, je te pardonne. Oui, tu as bien lu. Je te pardonne.

Que tu usurpes l’identité d’une personne correcte est un fait, cela ne signifie pas pour autant que je serai de la même espèce. Je ne veux avoir aucune haine envers toi, car c’est avec moi que je veux être en paix.

Je suis désormais une nouvelle personne, et ce, grâce à toi. Certaines fois, il est nécessaire de traverser des orages pour voir le soleil. Et tu as été mon orage, et il sera mon soleil.

Tu as voulu m’apprendre ce que je valais, et a utilisé des techniques de manipulations étranges pour immiscer des pensées négatives à mon égard. Je suis désolée, cher imposteur, mais cela n’a pas fonctionné. Car oui, tu m’as appris ce que je valais, et définitivement je vaux mieux que cela.

Au revoir, cher imposteur.

Emilie Bonelli