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Hier, on m’a dit : “Tu as 28 ans ? Mais, tu es périmée”… Et voilà ce que j’ai répondu :

Hier, on m’a dit : “Tu as 28 ans ? Mais, tu es périmée”… Et voilà ce que j’ai répondu :

Honnêtement, sur le coup, j’ai été choquée. Je n’étais pas sûre du sérieux du commentaire. Alors, j’ai demandé, “est-ce que c’est une blague ?”.

Et là, le plus sérieusement du monde, l’homme assis en face de moi répond, “non”. À ce moment-là, j’ai eu l’impression d’avoir pris 20 ans dans la tr*nche.

C’est alors que j’ai compris que TOUTES les femmes françaises (et du monde) devaient faire face à un double standard injuste, sexiste et démoralisant.

Pour que vous compreniez mieux, je vous mets dans le contexte.

Le premier RDV

Comme beaucoup de couples durant cette pandémie mondiale, on s’est rencontrés sur Tinder. Pendant un mois, on échangeait régulièrement des messages. 

Honnêtement, le courant passait bien. Mais, maintenant que je regarde en arrière, je me demande comment il est possible qu’on ait jamais abordé la question de l’âge.

En plus, sur l’application, il est clairement indiqué. Donc est-ce qu’il a voulu vérifier si c’était vraiment mon âge ? Ou est-ce qu’il avait oublié cette information ?

Bref, passons… Au bout d’un mois, on décide de se voir “pour de vrai”. On se donne RDV dans un restaurant mexicain, car on a tous les deux visité ce pays et adoré sa culture.

Le premier contact est parfait. Il est gentil, prévenant et très bien élevé. La conversation continue sur des points intéressants comme les objectifs personnels que chacun de nous s’est fixé.

On discute de notre enfance et de nos parents. Clairement, on fait tout notre possible pour découvrir tout ce qui a à savoir sur l’autre.

Puis, après la discussion sur les frères et sœurs, je lui demande si avoir des enfants est quelque chose qu’il envisage. Il me répond que oui, mais qu’il a peur qu’il soit déjà trop tard.

Honnêtement, je ne comprends pas vraiment pourquoi alors je lui demande de m’expliquer.

J’ai déjà 34 ans. Le temps de trouver une femme que j’aime et qui m’aime, le temps de construire une vie ensemble et de commencer à planifier pour le futur, j’aurais au mieux 36 ans. 

Et ça, c’est si je m’y mets tout de suite. Donc je me dis que c’est peut-être trop tard. Ou alors, je dois trouver une femme de 20 ans.

La remarque qui a changé le cours de la soirée

C’est à partir de là que tout a dégringolé. Choquée par son commentaire, je lui ai dit que je ne comprenais pas pourquoi il pensait qu’à 36 ans, une femme ne pouvait pas avoir d’enfant.

Ce n’est pas comme si on était encore au Moyen Âge. Je lui ai dit que je n’avais pas de problème avec l’idée de devenir mère après mes 30 ans puisque c’est sûrement ce qui allait m’arriver, compte tenu de mon âge.

Lui :

Attends… Tu as quel âge ?

Moi :

28 ans…

Lui :

Tu as 28 ans ? Mais tu es périmée…

Je suis périmée ? C’est une blague ? J’essaie de lui donner l’opportunité de rectifier le tir. Je me dis que les mots sont peut-être sortis de sa bouche sans réfléchir.

Mais il s’enfonce encore plus :

Eh bien oui, tu es périmée. Tu n’as jamais entendu parler de ça ?

Comme il a vu que j’avais l’air confuse, il s’est dit qu’il devait me donner une leçon pour que je comprenne de quoi il parlait.

28 ans, c’est l’âge à partir duquel tu commences à être vieille fille. Si tu n’es pas en couple à cet âge-là, ça signifie qu’aucun homme n’a voulu de toi.

Alors, si tu n’es pas en couple à cet âge-là, tu ne peux pas avoir ton premier enfant avant tes 30 ans, donc tu es périmée. 

Il est trop tard pour toi pour trouver l’amour et fonder une famille. Au mieux, tu peux trouver un homme qui ne veut pas avoir d’enfants.

Quand le couperet tombe

Sur le coup, j’ai eu l’impression que j’étais une vieille femme qui sentait l’urine de chat, car je n’avais pas mis les pieds hors de chez moi depuis des mois.

Il m’a fallu quelques secondes pour me remettre de mes émotions. Je n’arrivais pas à réagir, je ne trouvais pas les mots adéquats…

Pendant ces quelques secondes, des dizaines d’idées m’ont envahie :

On vit dans un patriarcat qui impose aux femmes le rôle de la mère coûte que coûte.

Les hommes peuvent vivre célibataires jusqu’à leur 50 ans, sans que cela choque personne. Mais, quand il s’agit des femmes, ce n’est pas normal.

À quel moment est-il devenu normal de dire à une femme qu’elle est trop vieille pour l’amour ?

Depuis quand peut-on dire à quelqu’un qu’il/elle est périmé(e) pour devenir parent ?

Ou s’arrête la dominance masculine et la grossièreté ?

Oui, il m’a fallu quelques secondes pour me reprendre.

Puis, je me suis lancée dans un long monologue.

Il faut savoir…

Quand une femme est trop jeune, elle est immature, elle ne sait pas ce qu’elle veut, elle n’a pas confiance en elle, elle ne travaille pas, etc.

Quand une femme est trop vieille, elle est trop mature, trop sûre d’elle, trop concentrée sur son travail, etc.

Vous les hommes, vous n’êtes jamais contents. Mais est-ce que tu as pris le temps de réfléchir une seconde ? Pourquoi crois-tu que les femmes sont là pour te servir ? Pour te donner ce que tu veux ?

Je vais te révéler une chose : au 21e siècle, les femmes peuvent vivre seules. Elles sont fortes et indépendantes. Donc si elles ne veulent pas de goujat comme toi dans leur vie, tu te dis tout de suite que le problème vient d’elles.

Non, le problème vient de toi. Il vient de tes standards ridicules et irréalistes.

Oui, j’ai 28 ans. Et je me sens super bien dans ma peau. J’ai un travail que j’adore, je subviens à mes besoins et j’ai des passions qui me donnent un sentiment d’accomplissement et d’épanouissement.

Je ne me sens pas du tout périmée. Au contraire, je me sens au meilleur de moi-même. Le problème n’est pas que je suis périmée.

Le problème est que tu n’as pas les c*uilles d’être avec une femme comme moi. Tu en rêves, mais tu es loin d’être à la hauteur.

Sincèrement, je ne sais pas si ce que j’ai dit lui a ouvert les yeux. Je ne suis même pas sûre de savoir s’il a compris la moitié de ce que je lui ai dit.

Mais ce n’est pas grave. Ce qui compte, c’est que j’ai eu l’occasion de tout sortir. J’ai pu dire ce que j’avais sur le cœur. Et dorénavant, j’ai l’impression d’avoir ôté un fardeau de mes épaules.

Je me sens libre… Je sais que je ne dois pas me conformer aux normes établies par les hommes. Maintenant, je vais suivre mes rêves et si le bon se présente, tant mieux.

Sinon, je vivrai seule et heureuse !

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