Skip to Content

Conversations avec mon thérapeute : les 3 Vérités qui m’ont fait lâcher 10 Ans de souffrance

Conversations avec mon thérapeute : les 3 Vérités qui m’ont fait lâcher 10 Ans de souffrance

Imaginez porter un sac à dos rempli de pierres pendant une décennie, au point que leur poids semble faire partie de votre silhouette, une difformité familière que vous avez appris à dissimuler sous des sourires et une productivité forcée.

Ma première séance n’a pas débuté par une révélation spectaculaire, mais par un silence épuisé.

Assise dans le fauteuil moelleux face à la fenêtre, j’ai simplement lâché : « Je ne peux plus. »

Ces dix années de souffrance se résumaient à cette impuissance.

Les conversations qui ont suivi, semaine après semaine, n’ont pas suivi un script miraculeux.

Elles ont plutôt creusé, avec une patience infinie, des galeries dans l’édifice compact de ma douleur, jusqu’à laisser filtrer la lumière à travers trois fissures fondamentales.

Ces fissures sont devenues des vérités ! Elles ne sont pas tombées du ciel sous forme de citations inspirantes, mais elles ont émergé lentement, comme des formes qui se précisent dans la pénombre.

Ce sont ces trois vérités, nées dans l’espace sacré et confidentiel de ce cabinet, qui ont finalement desserré l’étau et m’ont permis de déposer ce fardeau que je croyais indissociable de mon identité.

Première vérité : ma souffrance était une stratégie de protection déguisée

Pendant des années, j’ai considéré ma propre douleur comme un ennemi intérieur, un défaut de fabrication qu’il fallait combattre ou camoufler à tout prix.

Mon thérapeute a un jour posé une question qui a tout fait basculer : « Et si cette anxiété qui vous ronge était à l’origine une sentinelle placée là pour vous garder en sécurité ? »

Cette idée m’a parue absurde sur le moment.

Comment mes insomnies, mes ruminations incessantes sur le passé, cette tristesse en fond sonore permanent, pouvaient-elles être autre chose que les preuves de mon dysfonctionnement ?

Progressivement, au fil des séances, nous avons cartographié ce système de défense.

L’hypervigilance qui me vidait de mon énergie était la survivante d’une enfance où anticiper les sautes d’humeur d’un parent était une nécessité.

La critique intérieure incessante, cette voix qui dénigrait chacun de mes succès, s’était installée pour me « protéger » de la déception ou de l’envie des autres en me maintenant petite et invisible.

La tristesse elle-même formait une barrière douillette contre le risque de nouvelles blessures ; il est plus sûr de rester dans la peine connue que de s’exposer à la joie et à sa possible disparition.

Réaliser que chaque symptôme avait une intention, aussi maladroite soit-elle, a été un séisme libérateur.

La guerre contre moi-même a perdu son sens.

Je ne combattais plus un monstre, j’apprenais à décoder le langage d’un garde du corps loyal, mais épuisé et archaïque.

Je pouvais enfin lui dire : « Je vois ce que tu essayais de faire pour moi. Merci. Maintenant, je peux prendre les choses à partir d’ici. »

Deuxième vérité : je confondais la loyauté envers mon passé avec une prison à vie

La seconde vérité a émergé alors que j’expliquais, pour la énième fois, pourquoi je ne pouvais pas « simplement » tourner la page sur certaines relations familiales toxiques.

Je parlais de devoir, de mémoire, d’une obligation presque sacrée de ne pas oublier d’où je venais.

Mon thérapeute a écouté puis a murmuré : « On dirait que vous vous sentez obligée d’habiter éternellement la maison en ruines de votre passé par respect pour ses fondations. »

Cette image m’a transpercée ! Je réalisais que je maintenais vivante ma souffrance comme un acte de fidélité pervertie.

Cesser d’avoir mal aurait signifié trahir l’enfant que j’avais été, briser un lien invisible avec mon histoire.

J’honorais la douleur comme on honore une tombe, mais j’avais fini par vivre dans le cimetière.

Le travail a alors consisté à opérer une séparation cruciale entre le respect du passé et l’asservissement à celui-ci.

Nous avons distingué la petite fille qui avait survécu à des événements difficiles de la femme adulte qui continuait à rejouer les mêmes schémas par solidarité avec elle.

J’ai pu, lors d’une séance particulièrement intense, symboliquement m’adresser à cette enfant intérieure.

Je lui ai dit que je la voyais, que je portais son histoire avec respect, mais que nous n’étions plus en danger.

Je lui ai proposé de quitter la maison en ruines pour venir habiter avec moi dans le présent, un présent que je pourrais enfin construire pour nous deux.

Ce rituel intime de transfert de loyauté a été fondateur !

Je n’ai pas renié mon histoire, mais j’ai cessé d’en être l’esclave. Je pouvais enfin honorer mon parcours sans être condamnée à y résider.

Troisième vérité : le lâcher-prise n’est pas un abandon, mais un transfert de confiance

Pendant dix ans, j’ai cru que la solution résidait dans un contrôle plus strict.

Si je ruminais assez longtemps, si j’anticipais tous les scénarios catastrophes, si j’analysais chaque microdétail de mes interactions, je finirais par trouver la faille, la clé qui débloquerait la paix.

Cette croyance était le moteur même de ma souffrance.

Un jour, épuisée par l’explication rationnelle d’une angoisse, mon thérapeute m’a simplement demandé : « Où la sentez-vous dans votre corps, en ce moment même ? »

Interdite, j’ai dû quitter le territoire familier de mes pensées pour explorer la sensation physique : un nœud brûlant dans la poitrine, des épaules bloquées.

Ce fut le début d’un apprentissage radical : faire confiance à mon ressenti corporel plus qu’aux raisonnements infinis de mon mental.

La troisième vérité était là ! Lâcher prise ne signifiait pas capituler dans la faiblesse, mais opérer un transfert d’autorité.

Je devais transférer la confiance que j’accordais à mes pensées anxiogènes et contrôlantes vers les messages plus subtils et plus vrais de mes sensations et de mes émotions fondamentales.

Cela a demandé une pratique patiente. Apprendre à écouter la tension dans ma mâchoire comme un signal de colère rentrée plutôt que de l’étouffer.

Accueillir la tristesse comme une vague physique qui passe, au lieu de lancer immédiatement une enquête pour en trouver la cause.

Ce transfert a changé ma boussole intérieure. Je ne navigue plus au seul son de l’alerte rouge de mon mental, mais aussi aux indications plus calmes de mon intuition et de ma présence corporelle.

La vie n’est plus un problème à résoudre, mais une expérience à traverser.

La métamorphose : le paysage intérieur après la tempête

L’intégration de ces vérités n’a pas effacé comme par magie les difficultés de l’existence, mais elle a totalement transformé mon rapport à celles-ci.

Le changement le plus palpable est une légèreté retrouvée, non pas une légèreté frivole, mais l’allègement concret de celui qui a déposé un poids inutile.

Les relations se sont apaisées, car je ne projette plus sur les autres les attentes et les peurs de mon passé.

Je peux écouter un conflit sans que mon système d’alarme intérieur ne hurle immédiatement à l’abandon.

Les choix professionnels et personnels s’alignent davantage sur un sentiment profond de « juste pour moi », plutôt que sur une obligation ou une peur.

Le silence intérieur est peut-être le cadeau le plus précieux !

Là où régnait un brouhaha constant de critiques, de scénarios et de débats, il existe maintenant des plages de calme, un espace pour respirer et simplement être.

La relation à moi-même est passée du registre du combat à celui de la collaboration bienveillante.

Je perçois mes émotions comme des informations précieuses, non comme des ennemies à abattre.

Une forme de gratitude paradoxale est née de ce chemin.

Je ne suis pas reconnaissante pour la souffrance en elle-même, ce serait absurde.

Mais je reconnais avec humilité comment cette longue nuit m’a contrainte à trouver ces vérités, à m’engager dans une connaissance de moi si profonde qu’elle est devenue la base d’une vie plus authentique.

Conclusion

Ces trois vérités ne sont pas des théories abstraites, mais les piliers concrets d’une reconstruction intime.

La première a désarmé la guerre contre moi-même en révélant la fonction protectrice de ma douleur.

La deuxième a brisé les chaînes d’une loyauté inconsciente envers un passé révolu.

Enfin, la troisième a redéfini le lâcher-prise comme un acte de courage, un transfert de la confiance du mental vers la sagesse du corps.

Leur puissance réside précisément dans le fait qu’elles ne sont pas tombées du ciel, mais qu’elles ont été patiemment déterrées lors de conversations répétées, dans un espace où je pouvais enfin être vulnérable sans crainte.

La thérapie ne m’a pas « réparée » comme on répare un objet cassé.

Elle m’a appris un nouvel art de vivre avec moi-même.

Elle m’a offert les outils pour être l’architecte de mon propre paysage intérieur, à partir des matériaux mêmes de mon histoire.

Si vous portez, vous aussi, le poids d’années de souffrance, sachez que ces vérités, ou les vôtres, vous attendent peut-être au détour d’une conversation à venir.

L’aboutissement n’est pas l’absence d’ombre, mais la fin d’une guerre civile intérieure.

Et dans le silence qui suit cette paix retrouvée, on entend enfin le doux bruissement des possibles, qui attendaient leur tour depuis si longtemps.

À lire aussi : Voici pourquoi il est temps de normaliser la thérapie chez les femmes

Pourquoi mettre un terme à une relation peut être la meilleure chose pour vous

Il s’est avéré que le Prince charmant n’était en fait rien d’autre qu’une définition plutôt fidèle du psychopathe.
Voilà ce qui t’attend si tu restes dans une relation amoureuse avec un homme toxique!