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Comment survivre à la perte d’un enfant : les 6 Conseils des psychologues

Comment survivre à la perte d’un enfant : les 6 Conseils des psychologues

Il n’existe aucun mot dans notre langue pour nommer un parent qui perd son enfant.

Un homme qui perd sa femme devient veuf. Un enfant qui perd ses parents devient orphelin.

Mais vous, qui avez perdu votre fils ou votre fille, il n’y a pas de mot.

Seulement le silence, ce poids sur la poitrine qui ne veut pas partir, et cette sensation que le monde continue de tourner alors que le vôtre s’est arrêté net.

Perdre un enfant est considéré par les psychologues comme le deuil le plus difficile à traverser, parce qu’il inverse l’ordre naturel des choses.

Un parent n’est pas censé enterrer son enfant !

Cette douleur est unique, souvent incomprise par un entourage qui ne sait pas quoi dire et qui dit parfois des choses terriblement maladroites.

L’objectif de cet article n’est pas de vous « guérir », car il n’y a pas de guérison complète à une telle perte.

L’objectif est de partager des repères issus de la psychologie du deuil, des permissions et quelques outils pour survivre, un jour après l’autre.

Conseil nᵒ 1 : Accordez-vous le droit de ne pas aller bien

La société, souvent mal à l’aise face à la souffrance, pousse les gens à « se reprendre », à « aller de l’avant », à « être fort pour les autres » ou pour les enfants qui restent.

Les psychologues insistent sur l’exact inverse, surtout pendant les premiers mois.

Votre seul travail, si l’on peut appeler cela un travail, est de survivre.

Vous avez le droit le plus absolu de ne pas manger, de ne pas dormir, de pleurer dans les magasins au milieu des rayons, de ne pas répondre au téléphone, de ne pas ouvrir les lettres de condoléances que vous n’avez pas la force de lire.

Vous avez le droit de ne pas savoir quand cette souffrance insoutenable s’atténuera, car personne ne le sait, pas même les psychologues les plus expérimentés.

Conseil nᵒ 2 : Trouvez quelqu’un qui accepte d’entendre la même histoire cent fois

Votre cerveau, traumatisé par cette perte brutale, a un besoin impérieux de répéter les événements.

Vous avez besoin de raconter les détails, encore et encore : l’appel téléphonique, l’hôpital, le moment précis où vous avez compris, les mots que le médecin a prononcés, les heures qui ont suivi.

Ce besoin n’est pas une pathologie, c’est une tentative désespérée de votre esprit pour intégrer l’inintégrable.

Le problème, c’est que la plupart des amis et des proches ne comprennent pas ce mécanisme.

Ils vous écoutent une fois, deux fois peut-être, puis ils commencent à dire « il faut passer à autre chose », « tu te fais du mal en ressassant », « c’est malsain de rester fixée là-dessus ».

Les psychologues recommandent donc de trouver délibérément une personne ressource qui accepte ce rôle.

Cela peut être un psychologue spécialisé en deuil périnatal ou en traumatologie, un groupe de parole avec d’autres parents endeuillés, ou une amie particulièrement solide et bienveillante.

Cette personne doit accepter d’entendre la même histoire cent fois, sans jamais dire « tu devrais tourner la page », en répondant simplement « je t’écoute, raconte encore ».

Conseil nᵒ 3 : Créez des rituels pour maintenir le lien, pas pour « dire adieu »

Il existe une idée ancienne et très répandue selon laquelle faire son deuil signifierait « couper les ponts », « tourner la page », « se séparer » du défunt pour continuer à vivre.

Les psychologues contemporains du deuil, heureusement, ont complètement changé de paradigme.

On ne vous demande plus d’oublier votre enfant.

On ne vous demande plus de « faire votre deuil » comme on rangerait une affaire classée.

D’ailleurs, on parle aujourd’hui de « lien continu », une approche bien plus respectueuse de la réalité des parents endeuillés.

Vous n’avez pas à dire adieu une fois pour toutes.

Vous pouvez, au contraire, créer des rituels qui honorent la présence continue de votre enfant dans votre vie.

Planter un arbre dans le jardin, un arbre qui vivra et grandira.

Allumer une bougie blanche chaque année à la date anniversaire.

Garder sa chambre exactement en l’état, ou au contraire la réaménager quand vous vous sentirez prête, des années plus tard, sans culpabilité.

Écrire des lettres à votre enfant pour lui raconter ce qui se passe dans votre vie.

Conseil nᵒ 4 : Méfiez-vous des grandes décisions pendant la première année

Les psychologues observent un phénomène fréquent et souvent lourd de conséquences chez les parents endeuillés.

Dans les mois qui suivent le drame, alors que la douleur est à son paroxysme et que le jugement est altéré par le choc et la fatigue, beaucoup prennent des décisions radicales.

Déménager pour fuir une maison devenue insupportable. Changer de travail du jour au lendemain.

Divorcer, parce que le couple ne tient plus ou parce qu’on accuse l’autre en silence.

Ou au contraire, faire immédiatement un autre enfant pour « combler le vide » ou « donner un sens » à la perte.

Ces décisions peuvent parfois être justes, sur le long terme.

Mais elles peuvent aussi être des fuites désespérées, des tentatives de contrôler quelque chose quand tout a échappé au contrôle.

La règle d’or que les psychologues répètent inlassablement est celle-ci : n’engagez rien d’irréversible pendant au moins un an.

Donnez-vous ce délai, ce cadeau. Attendez que le brouillard se lève un peu, que la sidération initiale laisse place à une douleur moins aveugle.

Conseil nᵒ 5 : Acceptez que votre couple soit fragile (et que ce soit malheureusement normal)

Abordons un sujet tabou, douloureux, mais trop important pour être passé sous silence.

Les études sur le sujet sont glaçantes : près de 80 % des couples qui perdent un enfant finissent par divorcer.

Ce chiffre n’est pas une fatalité, mais il dit quelque chose d’essentiel.

Les couples ne se séparent pas parce qu’ils ne s’aiment pas ou parce qu’ils ne sont pas assez solides.

Ils se séparent parce que chaque parent vit le deuil radicalement différemment.

L’un veut parler sans cesse, raconter, ressasser, partager chaque souvenir.

L’autre se réfugie dans le silence, le travail, l’évitement.

L’un veut un autre enfant immédiatement, pour remplacer l’absence intolérable.

L’autre n’y arrive pas, ne le souhaite pas, ou n’est tout simplement pas prêt.

L’un pleure le soir dans le lit conjugal, l’autre pleure seul dans la voiture le matin, en cachette.

Les psychologues conseillent une chose simple mais difficile à mettre en œuvre : nommez cette différence à voix haute, ensemble.

Dites-vous l’un à l’autre : « Nous ne pleurons pas pareil, nous n’avons pas les mêmes besoins en ce moment, et c’est normal. Ce n’est pas une preuve que nous ne nous aimons plus. »

Si vous le pouvez, si vous en avez la force, consulter un thérapeute de couple spécialisé en deuil peut sauver ce qui peut encore l’être. 

Conseil nᵒ 6 : Surveillez les signes d’un deuil compliqué, sans culpabilité

Il est important de comprendre la différence entre un deuil « normal » et un deuil « compliqué ».

Un deuil normal, même d’une violence inouïe comme la perte d’un enfant, suit une certaine courbe.

La douleur reste présente, parfois très longtemps, mais elle s’assouplit avec le temps.

Les jours deviennent respirables, puis les semaines.

On retrouve la capacité de sourire, de rire, de faire des projets, même si l’absence est toujours là.

Un deuil compliqué, en revanche, fige la personne dans un état de sidération permanente.

Les signes à surveiller, surtout après six mois ou un an, sont les suivants : une incapacité totale à retourner au travail ou à sortir de chez soi, des pensées suicidaires actives et précises, une consommation massive d’alcool ou de médicaments pour anesthésier la douleur, une absence complète de toute émotion (ni tristesse, ni colère, rien, comme si vous étiez vide à l’intérieur).

Si ces signes apparaissent, ce n’est pas une faiblesse, ce n’est pas une preuve que vous n’êtes pas « assez forte ».

C’est une complication médicale, une vraie, qui nécessite une aide professionnelle spécialisée et urgente.

Consultez un psychiatre, cherchez un thérapeute formé à l’EMDR (une thérapie efficace pour les traumatismes) ou une structure spécialisée dans le deuil.

Conclusion

Vous ne guérirez jamais complètement de la perte de votre enfant.

Les psychologues vous le disent clairement, non pas pour vous faire mal, mais pour vous libérer d’une pression impossible à tenir.

Il n’y aura pas de « retour à la normale » !

Ne laissez personne vous dire « ça fait déjà six mois, tu devrais aller mieux ».

Ne laissez personne vous dire « il faut te reprendre pour les autres ».

Prenez le temps qu’il vous faudra, des années s’il le faut.

Entourez-vous de personnes qui ne vous pressent pas, qui ne jugent pas, qui ne sont pas mal à l’aise avec vos larmes.

Et si un jour, vous ne savez pas quand, vous sentez que le poids devient un peu moins écrasant sans que l’amour pour votre enfant ait diminué d’un millimètre, vous saurez que vous avez survécu.

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