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Comment soutenir et aider votre adolescent qui se déclare LGBTQIA+

Comment soutenir et aider votre adolescent qui se déclare LGBTQIA+

Votre adolescent vous a fait une confidence qui vous a surprise, bouleversée, peut-être même inquiète.

Il ou elle vous a dit « je suis gay », « je suis trans », « je suis bi » ou « je ne sais pas encore, mais je ne suis pas comme les autres ».

Vous voulez sincèrement bien faire, vous voulez être ce parent aimant et soutenant, mais vous ne savez pas par où commencer.

Quels mots utiliser ? Quelles erreurs éviter ? Comment ne pas blesser malgré vous ?

Ce moment est un tournant dans votre relation, et la manière dont vous allez réagir aujourd’hui résonnera pendant des années dans la vie de votre enfant.

Voici un guide pratique, sans jugement, pour vous aider à devenir ce parent refuge dont tout adolescent LGBTQIA+ a besoin.

Pourquoi votre réaction initiale est cruciale

La réaction d’un parent à la déclaration de son enfant LGBTQIA+ n’est pas un détail, c’est un événement fondateur.

Une bonne réaction, même imparfaite, peut sauver votre enfant de longues années de souffrance, de honte et de secret.

Une mauvaise réaction, même dite avec amour, peut briser la confiance pour toujours, parfois irrémédiablement.

Rassurez-vous tout de suite : il est parfaitement normal de ne pas s’attendre à cette nouvelle, de ne pas tout comprendre immédiatement, d’avoir des questions qui vous semblent peut-être maladroites.

Vous n’êtes pas obligée d’être parfaite dès la première seconde.

En revanche, vous devez être présente, respectueuse et ouverte à apprendre.

Votre enfant ne vous demande pas d’être une experte en questions LGBTQIA+ du jour au lendemain.

Il ou elle vous demande simplement de ne pas partir, de ne pas rejeter, de ne pas faire comme si de rien n’était.

La première chose à faire : écouter sans interrompre ni juger

Dans les minutes qui suivent la déclaration de votre adolescent, votre comportement est plus important que vos mots.

Votre enfant a pris un risque énorme en vous parlant, un risque qu’il ou elle a probablement imaginé et redouté pendant des semaines, voire des mois ou des années.

La peur du rejet parental est l’une des plus grandes peurs d’un adolescent LGBTQIA+, quelle que soit la qualité habituelle de votre relation.

La meilleure chose à faire, aussi contre-intuitif que cela puisse paraître, est de vous taire et d’écouter vraiment.

  • Ne coupez pas la parole, même si vous avez envie de poser vingt questions d’affilée.
  • Ne dites pas « tu es trop jeune pour savoir », « c’est une phase », « tu es influencé(e) par tes amis » ou « on en reparlera dans quelques mois ».
  • Ne parlez pas de vos inquiétudes personnelles tout de suite, aussi légitimes soient-elles.

Contenez vos propres émotions le temps de l’écouter.

Dites simplement, avec un ton calme, « merci de m’avoir dit ça, je mesure le courage que cela a demandé » et « je t’écoute, dis-moi ce que tu as besoin que je sache ». 

Ce qu’il ne faut surtout pas dire (les erreurs classiques à éviter)

Beaucoup de parents disent, sans aucune mauvaise intention au fond d’eux-mêmes, des choses qui blessent profondément leur enfant.

Ces phrases, souvent prononcées sous le coup de la surprise ou de l’inquiétude, laissent des traces.

Évitez absolument « ce n’est qu’une phase, ça passera », parce que cette phrase nie purement et simplement l’identité de votre enfant et lui fait comprendre que vous n’attendez qu’une chose : qu’il ou elle change.

  • Évitez « Qu’est-ce que j’ai fait de mal pour que tu sois comme ça ? » qui transfère votre propre culpabilité sur les épaules déjà lourdes de votre adolescent.
  • Évitez « n’en parle pas à ta grand-mère, ça va la tuer », qui impose un secret honteux et transforme votre enfant en gardien de vos propres difficultés familiales.
  • Évitez « tu es sûr(e) à cent pour cent ? » qui exprime un doute sur sa propre connaissance de lui-même, alors qu’il ou elle a probablement passé des années à réfléchir avant de vous en parler.

Apprenez les bases du vocabulaire LGBTQIA+ pour mieux comprendre

Les mots comptent, et ils comptent énormément pour votre adolescent.

Vous n’avez pas besoin de devenir une experte universitaire en questions de genre et de sexualité, mais vous devez connaître les termes de base pour ne pas blesser par ignorance.

LGBTQIA+ signifie lesbienne, gay, bisexuel, transgenre, queer, intersexe, asexuel, et le symbole + pour inclure toutes les autres identités qui ne sont pas nommées explicitement.

Un adolescent transgenre, par exemple, ne « devient » pas soudainement une fille ou un garçon au moment où il ou elle vous le dit.

Il ou elle l’a toujours été, et la déclaration n’est que la fin d’un long chemin intérieur.

La transition n’est pas une « transformation » magique, c’est une révélation de ce qui a toujours été là.

Utiliser les bons pronoms (il, elle, iel) est un acte de respect fondamental, probablement l’un des plus importants à vos yeux.

Créez un espace sécurisé à la maison au quotidien

Un adolescent LGBTQIA+ a besoin de savoir, profondément, que sa maison est un refuge, un endroit où il ou elle n’aura jamais à se cacher, à mentir ou à justifier son existence.

Cela ne se décrète pas en une grande déclaration solennelle, cela se construit par des petits gestes quotidiens et des décisions concrètes.

Affichez un sticker « safe place » ou un petit drapeau arc-en-ciel discret quelque part dans la maison, pas forcément en évidence pour les visiteurs, mais visible par votre enfant.

Ne tolérez jamais les blagues homophobes ou transphobes à table, même venues d’un oncle ou d’un grand-parent.

Invitez ses ami(e)s sans condition, sans regarder leur apparence, sans poser de questions insistantes.

Respectez son choix de vêtements et son apparence, même si cela vous déstabilise.

Protégez votre enfant contre les discriminations extérieures

Abordons un sujet difficile mais essentiel : la sécurité de votre adolescent.

Votre enfant va faire face, quoi que vous fassiez, à des regards en biais, des remarques désobligeantes, parfois des insultes, et malheureusement parfois de la violence physique, à l’école, dans la rue, dans les transports, ou même au sein de la famille élargie.

Votre rôle en tant que parent n’est pas de minimiser ses peurs pour le rassurer à peu de frais.

En fait, votre rôle est de le ou la protéger concrètement, et de lui montrer que vous êtes de son côté, quoi qu’il arrive.

Apprenez à connaître les ressources existantes avant d’en avoir besoin : l’association Le Refuge (pour les jeunes LGBTQIA+ en situation de rejet familial), le numéro de Contact (anciennement S.O.S. Homophobie), les espaces santé jeunes labellisés LGBTQIA+ friendly dans votre ville.

Si l’école est problématique, n’hésitez pas à aller voir le CPE ou le chef d’établissement, et à mettre les choses à plat.

Accompagnez sans imposer votre propre rythme

Chaque adolescent vit et vit son identité LGBTQIA+ à son propre rythme, et ce rythme vous appartient de respecter.

Certains veulent tout partager immédiatement, faire son coming out à toute la famille, à l’école, aux voisins.

D’autres ont besoin de temps, parfois de beaucoup de temps, avant d’en parler à quiconque d’autre que vous.

Certains veulent voir un psychologue spécialisé dans les questions de genre ou d’orientation sexuelle, pour y voir plus clair. D’autres, non !

Certains veulent changer de prénom tout de suite, officiellement ou officieusement, et d’autres préfèrent y réfléchir encore longtemps.

Votre rôle n’est absolument pas de décider à sa place, ni d’accélérer les choses parce que vous voulez « en finir » avec ce sujet inconfortable.

Votre rôle est de l’informer des options qui existent, sans pression, et de respecter ses choix, quels qu’ils soient.

Prenez soin de vous aussi, parents, pour mieux prendre soin de lui

Il est important de reconnaître que vous aussi, parents, vous traversez un processus parfois difficile.

Il est parfaitement normal d’avoir des questions, des doutes légitimes, des inquiétudes pour l’avenir de votre enfant.

Vous pouvez avoir besoin de parler à d’autres parents qui vivent la même situation, de lire des témoignages pour vous sentir moins seule, de consulter un psychologue pour vous aider à traverser cette période.

Il existe des groupes de soutien pour parents d’enfants LGBTQIA+, notamment via les associations comme Le Refuge ou Contact.

L’essentiel, et c’est fondamental, est de ne pas faire porter votre propre détresse à votre adolescent.

Ne lui dites jamais « Je ne dors plus la nuit à cause de toi et de ce que tu m’as annoncé » ou « Qu’est-ce que les voisins vont penser, c’est une petite ville ici ».

Ces phrases sont des bombes émotionnelles.

Trouvez un espace entre adultes, entre parents, pour exprimer vos peurs, vos larmes, vos questionnements.

Votre adolescent n’a pas à gérer vos émotions en plus des siennes.

Conclusion

Votre adolescent ne vous a jamais demandé d’être parfaite, ni de tout comprendre du premier coup, ni de connaître tous les mots techniques, ni d’avoir les bonnes réponses à chaque question.

Il ou elle vous a demandé, simplement, profondément, d’être là. De ne pas partir. De ne pas rejeter.

Vous avez déjà fait le plus difficile : votre enfant vous a fait confiance au point de se révéler à vous.

Maintenant, honorez cette confiance immense, jour après jour, geste après geste, erreur après erreur réparée.

Et rappelez-vous une vérité simple : un adolescent qui se sent aimé, soutenu et respecté dans son identité traverse la vie avec bien plus de force et de résilience qu’un adolescent qui se cache et qui a peur.

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